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Jeudi 15 mai 2008

Aujourd'hui, je ne suis pas réellement inspiré. Je n'ai pas la motivation pour écrire un texte plein de sens, d'humour, ce genre de conneries. J'ai donc décidé de donner des recettes de cocktail. Que tout le monde connait, évidemment, mais c'est comme ça. Je l'ai dit : aujourd'hui, pas envie de me casser le tronc.

Le Kahlua, donc.
C'est bon, c'est une liqueur, c'est fait avec du café.

Episode Un : il y a quelques années, sortait The Big Lebowski, le  film le plus cool de toute l'histoire du cinéma, film dans lequel on voyait notre bon vieux Dude (l'exceeeeelllent Jeff Bridges) se trimballer en permanence avec un verre de cocktail à la main. Le fameux White Russian. 1/3 Vodka, 1/3 Kahlua, 1/3 Lait.
Qu'est ce que j'ai pu en boire de cette merde ! A m'en rendre malade, jusqu'à vomir partout et tomber amoureux de la moindre jupette.
Je vous le conseille. Ca se boit sans soif, comme du petit lait.

Episode Deux : il y a une semaine de cela, je regardais la série Californication (avec Fox Mulder, version j'ai une bite et je m'en sers, il était temps). Et dans un épisode, you-ouh!, un personnage sort une bouteille de Kahlua pour s'en verser une lichette dans son café. Et ouais, le truc super con : verser de la liqueur de café dans du café, le truc de malade...
Je n'y aurais jamais pensé tellement c'était évident.
(C'est même tellement évident que la recette est marqué sur l'étiquette. Mais je lis jamais les étiquettes, c'est dommage, on y apprend plein de choses). Donc : 2/3 café, 1/3 Kahlua.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Enjoy !


Et ... euh ... sinon, bah ... pour un appel à texte sur mai 68 j'ai proposé un truc à Roland C. Wagner, qui m'a répondu que mon texte était bon, trash, super impeccable mais que quand même peut-être faudrait revoir un ou deux machins. J'ai sauté de joie, j'ai dansé une gigue, je me suis fait pipi dessus, et j'ai fêté ça en me torchant la gueule (1/3 Vodka, 1/3 Kahlua, 1/3 Lait). Ca s'appelle Rêveurs - Unissez !, peut-être bientôt sur Radio-Labocriture.

Et puis un autre pour un Appel à Texte du Navire en pleine ville, un éditeur jeunesse plutôt sympathique : Le Chalutier Gelé, qui raconte l'histoire d'un chalutier (ah bon?) transformé en glaçon (ah bon ?). Comme c'est pour la jeunesse, j'ai mis un bout de sein. Je l'ai fait lire avant de l'envoyer : on m'a dit 'on dirait du Brussolo'. Ce qui m'a à la fois fait plaisir (parce que Brussolo, fut un temps, c'était quand même du putain de bon délire) et à la fois pas plaisir (parce que merde, faudrait quand même que j'arrive à developper mon propre style, non?).

Et puis aussi : je suis en train de rédiger une nouvelle pour l'Appel à texte de Riviere Blanche sur l'Epopée de Cal de Ter. Bah oui, hein, j'ai participé au Retour, y'a pas de raison que je ne sois pas de l'aventure pour l'Epopée. Ca s'appelera quelque chose comme Sous vos yeux ébahis, ou alors La Romance de Fandango, je sais pas encore. Dedans, il y aura du théatre, de la mise en scène, des épées, des pistolets et pleins d'effets spéciaux. Mais pas de bout de seins, j'ai pas envie (ou alors, si, peut-être un téton, on verra).

 

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Mardi 6 mai 2008

Hélas, Philip K. Dick n'est plus,
Dieu va prendre mon pied au cul.
             (Michael Bishop - Requiem pour Philip K. Dick)


Une anthologie que tous les fans de SF en général et de PKD en particulier attendaient depuis des lustres.

Sans PKD, il est probable que je n'aurais jamais écrit de SF (une de mes premières nouvelles, Homo Lobotomus, restée bien cachée dans un tiroir car terriblement mauvaise, a été inspirée à 100% par la thématique dickienne - des mecs qui se font vider volontairement le cerveau pour ne plus avoir de sentiments parce que ça fait trop mal), il est certain que je n'aurais pas tanné mes parents pour qu'ils m'offrent les Omnibus du Maître, que je n'aurais jamais pris à partie ma prof de philo dans une dissertation en lui soutenant mordicus que j'étais dieu, qu'elle n'était que le produit de mon imagination et qu'elle pouvait bien me mettre un zéro pointé je m'en foutais parce que je me rattraperai avec un 16 en math et un 18 en physique.
Ouais, PKD est le Maitre absolu de la SF, c'est un lieu commun que de le dire. Tant pis, s'il faut le répéter, je le ferais.
Et pis c'est tout.
Richard Comballot (anthologiste de grande qualité) a réuni une palanquée de nouvelles rendant hommage à Phil, toutes écrites par des auteurs francophones (Barbéri, Bellagamba, Curval, Heliot, Mauméjan, Walther et plein d'autres). N'ayons pas peur des mots : c'est l'évenement SF du mois.

Et c'est chez Rivière Blanche.

PKD c'est bon, mangez-en.
Même réchauffé.

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Dimanche 13 avril 2008

Le samedi est traditionnellement le jour des petites emplettes. Le matin, marché et/ou Carrefour/Auchan/Leclerc, et l'après-midi, tour en centre-ville pour acheter des choses inutiles et dépenser ses sous gagnés à se faire chier 8 heures par jour derrière un bureau ou une machine-outil.
J'avais oublié.
Qu'il y avait des gens dehors.
J'avais prévu de passer un week-end studieux. Un week-end peuplé uniquement du tapoti de mes doigts sur les touches du clavier, et de la longue ribambelle de mots fleurissant sur mon écran d'ordinateur. En fond sonore, j'avais prévu du Vivaldi (j'ai des gouts populaires) ou du Nightwish (j'ai aussi des gouts vulgaires). Il me reste quinze jours pour terminer une nouvelle sur l'histoire d'un bateau de glace dont j'ai le plan complet mais pas une seule ligne écrite (il s'agit là d'un démarquage du 'Rime of the Ancient Mariner' de S.T.Coleridge, je suppose que la chanson d'Iron Maiden y est pour quelque chose).

 

 

 



















Mais j'avais besoin de pain pour le petit déjeuner. Donc je suis descendu en chercher. Je suis entré dans la boulangerie, et j'ai demandé une flute florentine ; la jeune boulangère m'a donné une baguette florentine. J'ai dit : « excusez-moi, mais j'ai demandé une flute. » « Pardon. » « C'est pas grave. » « Ca fait un euro dix. » « Voilà. » « Au revoir. » « Au revoir. »

Il était 8 heures et demi du matin.

J'ai pris mon petit déjeuner et j'ai écrit la moitié du premier jet. J'étais content, alors j'ai décidé de lire un livre ('Descente aux Enfers', de David Goodis – excellent) puis de faire une sieste.
A deux heures, j'ai eu envie d'un café.
J'ai donc décidé de descendre en ville pour m'acheter une machine Nespresso (oui, je suis une fashion victim). J'étais content tout le long de la descente de la colline : les gens souriaient, se tenaient par la main, se faisaient des bisous, quelques gamins trainaient ici et là, jouant au ballon, en riant et en s'insultant. La vie, quoi – belle. Puis je suis arrivé sur la place des Terreaux – un gros con bouffi de suffisance en Lamborghini se la jouait grave, lunettes de mouche fumées sur le front, quelques pétasses sur-habillées, sur-maquillées de dix-sept ans mâchaient du chewing gum, fumaient et tortillaient du cul. Je venais de pénétrer dans un autre monde.

Je décidai de faire une pause avant d'aller acheter ma machine à café : j'allais chez mon bouquiniste préféré, rue d'Algérie, le fameux Temps Livres. Je rentre dans la boutique, je dis bonjour, et je me dirige vers le rayon SF, fantastique, polar. Au bout de cinq minutes, le bouquiniste me lance : « si vous avez besoin d'un renseignement, n'hésitez pas ». Je sens le gars qui se fait un peu chier quand même, et qui taillerait bien le bout de gras. Sauf que je sais pas de quoi parler – tout n'est que vacuité, donc je réponds « je n'hésiterais pas, je n'hésiterais pas ». Je continue ma fouille, je récupère un King, un Card, un Egan, un Jouanne, un Brussolo (tous d'occase) et un Jess Kaan (Réfractaires – Temps Livre étant un distributeur officiel d'Eons). Je vais vers le comptoir et je dis « Et voilà. Tout ça » en posant ma pile.
(Mais, t'es trop con, mon pauvre Laurent, t'es vraiment trop con, c'est pas possible).

Il me répond un truc du genre « Ah, oui, mais c'est pas le nombre qui est important – et puis si vous voulez pas d'aide, vous voulez pas d'aide, c'est pas grave ». Je pourrais lui répondre que « merci, ça va, rayon SF et genres, je me démerde pas mal, que je suis plutôt connaisseur, tout ça, tout ça », mais je dis juste « Oui, mais non, en fait, je suis pas bavard ». En gros, je ferme la porte à toute discussion. Je suis un gros con. Mais merde ! Le gars, je le connais pas, je vais quand même pas lui raconter ma vie, si ?
(Vous allez me dire que je le fais bien ici – mais ici, c'est chez moi, c'est un peu comme si je me parlais tout seul – et je n'oblige personne à me lire. Des fois je parle tout seul, c'est vrai, dans ma salle de bains, ou dans la rue – les gens me trouvent bizarre, surtout quand je secoue la tête ou que je fais des grimaces)
Je paye (25 euros pour 6 bouquins) et je m'en vais en lançant un « la prochaine fois, je serais peut-être plus bavard ». Le bouquiniste rigole, l'air presque gêné d'avoir affaire à un tel demeuré. Je le comprends, je serais gêné moi aussi.

Je vais acheter ma machine à Nes. C'est pas loin, c'est place de la Bourse, à cinq minutes à pied. J'entre dans la boutique (un grand black, bien fringué, souriant, classe, m'ouvre la porte – il me dit bonjour monsieur, je lui réponds, bonjour, merci et je me pose la question 'mais putain, pourquoi, c'est toujours des blacks les portiers ? Pourquoi, on les utilise toujours comme des boys ? C'est ça le XXIème siècle ? Et puis je décide d'arrêter de me poser des questions). Il y a un peu de monde, j'ai envie de partir. Mais j'ai aussi envie de café. Donc je tourne en rond, oscillant entre mes deux envies. Je me décide à faire la queue. J'attends depuis une bonne minute lorsque je vois deux nanas qui me passent devant (genre 6ème arrondissement, bien fringuées, Dior, Chanel ou je sais pas quoi – alors que je fais pouilleux avec mon jean sale, mon T-Shirt grisâtre, mes baskets défraichies et mon manteau qui a connu beaucoup trop d'hivers). Du coin de l'oreille, en parallèle, j'entends une voix de femme dire 'allez-y mesdames, faites la queue ici'. Je me retourne, pour dire quelque chose comme 'eh oh, j'existe, je suis là, je faisais déjà la queue' : je croise le regard d'une jeune femme chargée d'orienter la clientèle (apparemment lorsque je suis entré dans la boutique elle ne m'a pas vu, ou elle en avait rien à foutre, se disant que je venais simplement regarder et que je n'avais pas le look a dépenser de la thune pour une machine à café – que j'étais juste de la merde, que, si ça se trouvait, je gagnais tout juste le SMIC, comme elle). Elle doit voir mon regard pas content (mais quand je suis pas content, même en fronçant les sourcils, je fais pas peur – c'est comme ça, c'est la vie) et elle me dit – avec un ton d'une condescendance insupportable 'monsieur, si vous voulez bien passer derrière ces dames, elles font la queue depuis plus longtemps que vous'. Je dirais bien que non, que j'avais bien vérifié avant de prendre mon tour dans la queue que je ne coupais le passage à personne, que je n'agissais pas comme un malotru (après tout, on est pas dans un quick ou un McDo, les gens se comportent en êtres civilisés). Je dis juste 'd'accord'. Puis la colère gronde en moi, car je sens qu'il y a là comme un injustice à l'oeuvre et que décidément, ce n'est pas ma journée. Donc je répète 'd'accord', en y ajoutant une légère inflexion de menace (je m'imagine le Terminator disant 'I'll be back') et je me casse de cette boutique de merde (place de la Bourse, dans le 2ème arrondissement à Lyon – je leur fais de la pub, c'est ma petite vengeance mesquine). Le grand black m'ouvre la porte, toujours souriant. Il est cool.

Conséquence : je vais à l'autre boutique Nespresso (encore à cinq minutes à pied – place des Jacobins). Parce que j'ai toujours envie de café – et que je vais pas me laisser emmerder par une pétasse obséquieuse.
J'entre dans la boutique – encore une fois, je suis invisible (faut vraiment que je pense à me débarrasser de cette cape elfique, autrefois offerte par dame Galadriel). Je me dirige vers la réplique parfaite de l'autre oriente-file (j'ai compris le truc, faut tout de suite faire sentir que tu vas dépenser du cash – après tout, c'est la règle dans notre société de consommation, non ?) et je lui dis 'bonjour, je veux acheter une machine'. Elle me sourit (genre purement artificiel – elle n'en a strictement rien à foutre de moi) et nous choisissons ensemble une machine. Je prends la moins chère. Elle me dit : 'faites la queue ici, je vais vous chercher la machine'.

Elle va me chercher la machine.
Je fais la queue.

Derrière le comptoir, deux jeunes femmes, très jolies (à mon avis, le mec qui fait le casting doit se faire plaisir – pas une seule vendeuse moche – ça pue la discrimination).
Vient mon tour (la machine a été déposée derrière le comptoir). Il y a du bruit derrière moi, des gens qui font la queue et qui me collent au cul ; j'ai soudainement envie de me reculer pour leur mettre mon sac à dos dans les dents – donnez moi de l'air, bande de cons.
Ma vendeuse est superbe. Évidemment, il est possible que mon jugement soit erroné : ma misère affective actuelle est telle que je tombe amoureux de tout ce qui bouge et qui a des jolis yeux. Elle a de jolis yeux noisettes.
Quand elle me parle, on dirait qu'elle récite une leçon – ça m'énerve un peu, mais ça va, je pardonne, ça doit quand même être un sale boulot que de répéter cent fois la même chose. Je dis 'ouais, ouais'. Je voudrais dire un truc spirituel, être rigolo, qu'elle se souvienne trente secondes de moi ce soir en prenant le métro pour rentrer chez elle, mais tout ce que je trouve à dire c'est une connerie du genre 'putain, en tout cas, je reviendrai pas un samedi'. J'ai droit à un sourire factice – elle sait que j'ai tenté d'être amusant, mais ses yeux hurlent 'pauvre type, j'aimerais beaucoup que tu débarrasses mon comptoir'. Ouais, moi aussi à ta place, j'aimerais beaucoup que je débarrasse mon comptoir.
Looser.

Je ne me sens pas bien ; il fait chaud, il y a du monde, trop de bruit. Je ne pense qu'à une chose, c'est me barrer de là. Je réponds 'oui', je réponds 'non' à ses questions, sans vraiment les écouter – abrège, bordel, fini ton speech, présente moi la facture, qu'on en termine. Dans d'autres circonstances, j'aimerais bien discuter un peu plus longtemps avec elle, lui monter que, finalement, je ne suis pas plus con qu'un autre, qu'on pourrait presque se trouver des points communs, mais on ne change pas le décor d'un coup de baguette magique, non, ça ne marche pas comme ça mon garçon.
Je sors ma carte bleue. Je pincode. Je prends mes affaires et je rentre chez moi. Elle me dit 'bon week-end', elle ne le pense pas. Je lui réponds 'bon week-end', je m'en fous, je ne la reverrai pas.

C'est moyennement lourd, mais il y a du chemin : en plus c'est samedi après-midi, c'est la rue de la République, y'a du monde partout, c'est l'enfer. Donc, je râle, je peste – je joue le parfait asocial. Et puis, il fait trop chaud : je sue, je pue. J'en ai marre.

Je rentre chez moi.
Je branche la machine.
Je me fais un expresso – volluto. C'est bon. J'en prends un autre. Je suis bien. J'ouvre un livre – 'L'arc en ciel de la Gravité' de Pynchon, je kiffe.


Demain, je reste chez moi. Je ne sors pas.
Plein le cul des gens.

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Vendredi 4 avril 2008

Vous l'aurez peut-être noté : j'ai changé la bannière de mon p'tit blog - histoire de le dépoussiérer un peu. En réalité, cela fait un peu plus d'une semaine que le changement est visible, mais, jusqu'à présent, la définition était pour le moins pourrave : ça pixellisait à mort, c'était tout moche, tout baveux. Du haut de mon terrible mépris pour la chose informatique, j'en tenais naturellement Overblog pour responsable, foutriquet incapable de me fournir les outils adéquats.
Une fois n'est pas coutume, j'étais dans l'erreur. Il suffisait, semble t'il, de flinguer mon pare-feu et de dimensionner correctement mon jpeg de merde. Il m'aura donc fallut près de 10 jours pour le comprendre et arriver à faire flotter haut - et avec fierté -  ma si sombre bannière.
D'aucuns diront qu'elle est trop volumineuse et que j'aurais pu agencer le tout avec plus d'harmonie. D'aucuns auront raison. Cependant, à l'heure actuelle, ces détails de finition me gonflent et je remets au lendemain (disons plusieurs mois) le re-design du biniou : c'est probablement super fun de jouer pendant des plombes avec les calques et les masques de fusion de Toshop, mais là, juste là, j'en ai marre. Donc, terminé, fini de jouer avec les images. Je retourne jouer avec les mots ; j'ai un max de pain sur la planche, et j'avance comme une limace.
A la prochaine pour de plus amples informations sur le work in progress de Escape from Paris (titre non arrêté - j'hésite entre ce dernier et Exit Irae ou Simplement Sortir).

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Vendredi 22 février 2008

TCL-copie-1.JPGLyon-Villeurbanne ; station de métro Charpennes. Un matin de février. A l'extérieur le soleil brille, aucun nuage à l'horizon. A l'intérieur, une descente de contrôleurs des TCL est en cours. Toutes les issues sont bloquées ; pour atteindre le soleil et l'air frais, il faudra présenter laisser-passer, faire un sourire, dire merci et bonne journée.
Je ne crains rien – j'ai mon City Pass, les 44,80 Euros sont prélevés automatiquement chaque mois sur mon compte BNP-Paribas, jusqu'à ce que mort s'en suive, jusqu'à ce que je dise halte, non merci, j'en ai marre, je prends un Vélo'V.

Je passe dans le souterrain, pour récupérer ma correspondance, ligne B, direction Gerland, ce soir l'OL va faire match nul contre Manchester.
Un cowboy contrôleur d'un mètre quatre-vingt dix toise les passagers d'un air goguenard, la chevelure impeccable, la veste TCL protection-accueil-sécurité-contrôle tombant droit. Il jubile.
Face à lui, à un ou deux mètres, pas encore à distance de contact, un couple d'immigrés – roumains ou turques probablement – figés, comme statufiés. A voir leur mine défaite, leurs regards apeurés de lapins pris au piège dans leur terrier, ils n'ont pas de titre de transport. Non plus que de titre de séjour, ou de beaux billets neufs et craquant dans leur portefeuille – peut-être trimballent-ils une petite paire d'euros au fond de leurs poches, en pièce rouges, de un ou deux centimes, glanées de rame en rame à l'aide de leur gimmick ânonné en mauvais français 'siouplé, si pour mangé, siouplé, j'ai faim, m'sieur dames'. Peut-être. Pour un bout de pain et trois tomates.

Mais notre cowboy, fort de son SMIC, sait qu'il tient là ses prochaines victimes. Il est la loi, il est l'ordre, et il va nettoyer cette racaille étrangère, la foutre dehors même avec un peu de chance, emballez-moi ces traine-savates bons à rien qu'à mendier, c'est à cause d'eux si on n'a pas de travail, que tout fout le camp, allez, ouste, du balai, et un charter pour Bucarest-Ankara, un !
Ils ne bougent plus. Ils sont tétanisés. Quels rêves déçus, quels hurlements passent dans leur tête à cet instant ? Ils sont perdus cinq mètres sous terre - la Terre Promise est devenue traquenard, ils ont froid en permanence, ils sont sales, en guenilles. Ils n'ont plus d'échappatoire, plus de maison, plus rien – sinon la peur, infernale, irréductible.

TCL cowboy rigole.
- Bonnie and Clyde, dit-il.
Il a de la culture, il connait Gainsbourg. Et ce soir, il regardera OL-Manchester, un pack de Kro à ses pieds. Il est heureux.
Il précise, en allongeant les voyelles :
- Bonnie Paaaaarker et Clyde Barrooooooow.

Son collègue est hilare. Ah, oui, ça va être sympa de se les faire ces deux là. Et s'ils résistent, pas de soucis, la loi, la vraie, n'est pas très loin, de grands, de beaux CRS aux uniformes impeccables – prêts à mettre des coups de bottes ou de tonfa. C'est fun, ouais, on va casser de l'étranger, on va briser du pas-bienvenu chez nous. Après on ira à Bellecour – y'a plein de clodos aussi, mais eux ça va, ils sont français. En même temps, bon, ça nous empêchera pas de bien les faire chier, hein? Faut qu'on rigole un peu, merde – on est pas bien payés, mais qu'est-ce qu'on se marre !

Je passe devant eux – mon City Pass dans la poche. Je ne me retourne pas.

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Mercredi 6 février 2008

C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles qui étaient à acheter
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles pour mon porte-monnaie

Passé le mois des bonnes résolutions et des bizouillages de bonne année bonne santé que la prospérité t’oigne de son huile grasse et poisseuse, j’ai décidé de m’acheter une nouvelle femme. La précédente était usée, le témoin de charge clignotait, pulsant son horripilant marrions-nous faisons des enfants achetons une maison. J’ai ouvert ma poubelle d’une pression du gros orteil et je l’ai jetée, empaquetée dans son carton d’origine – elle a atterri au milieu d’une forêt de peau de bananes, de restes de raviolis et de bestioles auto-générées par la pourriture ; au moins elle aura chaud. 

Les moyens me manquent pour me procurer une femme de luxe ; je ne peux que rêver devant les petites annonces promettant Slovènes et Lettones à l’éducation hors paire, ces superbes modèles approchant le mètre soixante-quinze, aux courbes galbées et rompues aussi bien à la fellation douce qu’à la sodomie brutale, et vice-versa, recto-verso.
Je dois me rabattre sur les amours du pauvre, les baises du médiocre – celles laissées aux non-puissants – celles promises par la Mythique Baie. Il y en a pour toutes les envies, pour toutes les bourses, selon que l’on opte pour le pack Newbie, Premium, Silver, Gold ou VIP Platinum.
J’optai pour le Premium, histoire de me mettre un cran – juste un cran – au-dessus de la mêlée. J’appris avec consternation, alors que ma précédente femme débutait sa deuxième semaine de fermentation au milieu de mes déchets, que les deux premières mises en vente étaient gratuites. L’aurais-je su avant que j’en aurais pris un peu plus soin. Je la ressorti néanmoins de son cloaque et lui redonnai quelques couleurs à coups de baffes et de blush – une couche de polish passée à la peau de chamois et hop ! prête pour le prochain pigeon, regardez-moi ce poil lustré, cet oeil vif, cette fesse chaleureuse. 
Cependant, ce n’était pas tant la vente que l’achat qui m’intéressait ; j’avais hâte de trouver un nouveau jouet pour essayer toutes les nouvelles positions découverts sur www.kamasutraonline.fr, notamment la fort prometteuse et tantrique 'fièvre du scorpion' ou celle de 'l’éclosion de l’arbre à fruits' que je n’avais eu l’occasion de pratiquer jusqu’alors, me contentant des plus classiques 'fleur éclatée au printemps' et 'approche sournoise du tigre'.

Je me connectai fébrilement, ma carte bleue posée bien en évidence à côté du clavier, les numéros bien visibles. Je me choisi un nom passe-partout, quoique prétentieux, Kingsize-lover69, puisqu’étant originaire du Rhône, et me mis en quête (quéquette, si t’en as pas t’en achètes) de l’âme-sœur.
C’est très pénible de faire son marché d’âme-sœur. Il y en a tout plein, et on ne sait pas très bien comment choisir. Il faut filtrer : la couleur des cheveux (pas blonde - mais bon s'il reste plus que ça ...), la taille le poids (inversement proportionnel l’un de l’autre, faut faire gaffe), la religion (sans – sinon, c’est un paquet d’emmerdes assuré, mange du poisson, pas touche au porc, tout un tas de conneries pas possibles), le sexe ( ??? what ??? faut choisir ça ? je veux dire, euh, bon, c’est cool, mais, euh… comment dire … euh… je pourrai aussi m’acheter un mec, c’est ça ? ça marche dans les deux sens, vous êtes certains ? ah … bon … c’est cool, d’accord), et tout un tas de petits machins super-customisés, genre si elle préfère Guillaume Musso ou Gustave Flaubert(*), la tarte tatin ou le tiramisu, pleins de filtres super-pointus qui nécessite des mois et des mois d’apprentissage pour les maitriser – un peu comme Photoshop, mais en plus compliqué.

Je fouine et farfouille, je lis leurs messages enflammés (je cherche le prince charmant même si t'es pas prince même si t'es pas charmant, fais-moi rire, prends-moi et surprends- moi, les coups d’une nuit c’est pas la peine, donnez-moi de l’amour de la tendresse des petits chats et des soirées près de la cheminée, moi les psychopathes et les dépressifs à leur maman j’en veux pas – tout un bel éventail d’humanité triste et hurlante) et je pioche, et je sélectionne.
Mais nous sommes souvent plusieurs sur la même – virtuellement parlant ; j’ai dénombré pas loin de 2874 top-flashs pour Lullabywantyou, presque autant pour Mafounette618, mais seulement 12 pour Ragazzalavitaebella (ce qui s’explique par le simple fait qu’elle avait mis une photo et qu’elle n’aurait pas du – d’ailleurs, moi-même, n’ai pas mis de photos, faut pas déconner, j’ai une vie, merde).
Bon, je les rajoute dans la liste des Affaires à Suivre. J’en ai quinze pour le moment – mais je mise petit bras, faut que je me rôde – et puis, c’est chiant, des fois, faut leur parler, prendre contact comme ils disent, j’aime pas ça, j’ai l’impression de faire dans le social.
Je serai averti par email et SMS si les enchères augmentent. J’ai bon espoir de chopper Chipoulalla à un prix pas dégueu.

Faut que je fasse vite, mon abonnement à tarif préférentiel à la Mythique Baie ne dure qu’un mois – après c’est plein pot. Pourvu qu’aucun looser plein de fric à la raie sur le côté me passe devant ; ça me ferait super chier de rater Chipoulalla – parait qu’elle fait des crêpes de folie.
 
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles qui étaient à acheter
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles pour mon porte-monnaie

* le Gus-gus, c’était quand même un gros chaud – quand on voit sa Bovary, quand on lit ses brouillons, ça cartonne pas mal : folio 3 : l’habitude de baiser la rend sensuelle, ou encore folio 10 noyée de foutre, de larmes, de cheveux, de champagne, ou même folio 28 la fout à mort, elle ne l’en aime que mieux. Flaubert Rocks !
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Jeudi 31 janvier 2008

Ailleurs – Liberté, Egalité, Balle au Centre

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Le Sénat afghan a soutenu, mercredi 30 janvier, le jugement prononcé une semaine plus tôt par un tribunal de Mazar-i-Sharif, condamnant à mort un journaliste afghan, Sayed Parwez Kaambaksh, pour "blasphème".
Le jeune homme âgé de 23 ans, étudiant à l'université de Balkh et reporter au journal local Jahan-e Naw, a été arrêté en octobre pour avoir imprimé, pour ses camarades de l'université, un article paru sur Internet dans lequel l'auteur estimait qu'hommes et femmes devraient être égaux face à l'islam, et demandait pourquoi les hommes pouvaient prendre quatre épouses alors que la polyandrie est interdite. Le tribunal de Mazar-i-Sharif a jugé que l'article humiliait l'islam
.
(Source : Le Monde)


 Ici – Where is my Minority Report ?

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Le Sénat a adopté, jeudi 31 janvier, dans une version proche de celle de l'Assemblée nationale, l'article du projet de loi de Rachida Dati sur la rétention de sûreté, qui permettra de placer dans des "centres socio-médico-judiciaires" fermés des criminels jugés encore dangereux à la fin de leur peine, y compris ceux condamnés avant la promulgation du texte.
(Source : Le Monde)


Et Nicolas Sarkozy est toujours président.

Monde de merde.

Raaaaaaah! Godzilla, réveille-toi! Ils sont devenus fous!

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Dimanche 13 janvier 2008

Ouais, ouais.
L.106 est plein de fiel, plein de rage et d’amertume. On lui a dit plusieurs fois déjà. On lui a dit, c’est mal, c’est pas bien, faut pas dire des choses comme ça, sois plus consensuel mon garçon, moins adolescent, ne laisse pas parler tes hormones, ferme la porte à tes neurotransmetteurs à la ramasse.
Et puis arrête d’écrire de façon aussi vulgaire. Cette grossièreté est insupportable.
L.106 s’en moque.
L.106 en rigole, cet enfoiré.
Il bat le chaud, il bat le froid, il contemple les étincelles qui jaillissent du métal torturé, il regarde les étoiles scintillantes dans un ciel pollué par les néons des boites de nuit. 


Tout ça et plus encore.
Ou alors, rien.
 
L.106 a tenté l’expérience des appels à textes. Il a écumé les sites et forums internet, cherchant, la truffe en avant, humide, palpitante, des sujets qui lui permettraient de s’exprimer, de se faire connaitre, de se la péter enfin.
Il en a trouvé, il a pondu des nouvelles, il les a envoyées : une a été publiée, une autre rejetée, et pour la dernière, il n’a pas eu de réponse.
Globalement : bon score.
Le wannabe-auteur moyen serait satisfait. Pas L.106.
Ce. N’est. Pas. Suffisant.
 
Et si ça ne l’est pas, c’est qu’il y a une raison. Il y a toujours un raison. Même si elle ne fait pas plaisir à entendre.
Alors L.106 se bouche les oreilles.
Et ‘je’ réintégre sa place. ‘Je’ abandonne la distanciation, ‘je’ laisse tomber son côté spectateur, ‘je’ redevient l’acteur de sa propre histoire, de sa vie. ‘Je’ bascule.
 
Switch the light on.
 
J’ai relu ce que j’ai pu écrire cette année. J’ai relu mes textes, mes posts, mes billets bloguesques. Tout. Et la seule conclusion possible, c’est : putain, y’a encore du boulot. Et pas qu’un peu.
 
Il faudrait que je réécrive entièrement Valdemar 2.0 et La Ligue des Faiseurs de Bière. Il a certes de bonnes choses dedans, certaines dont je suis presque fier, mais elles ne sont pas moi – ou alors un moi mal dégrossi, un moi livré dans l’urgence et la facilité, au style mal travaillé.
En les écrivant, je n’ai pas cru en elles. Je ne croyais pas en mes propres histoires, j’ai fais semblant, j’ai simulé l’enthousiasme.
Bon.
Il n’est pas trop tard pour faire ce constat. C’est le bon moment pour redresser la barre, pour se dire qu’après tout, je fais mes gammes, je suis en phase d’apprentissage, que je fais des erreurs, que j’en ferai encore mais que ça finira par aller mieux, forcément. Avec le temps. Avec la motivation. Avec des efforts.
 
Il faut que j’apprenne à devenir moi. Que mes textes le reflètent. Peu à peu. Couche après couche. Il faut que j’évacue les scories – que je purifie tout cela. Que je fluidifie. Que j’expérimente. Quitte à me tromper encore et encore.
 
Ah !
Il faut, ouais. Il faut.
Et je veux.
 
Je veux raconter des histoires, de bonnes histoires, qui font sens, qui disent quelque chose. Je veux arriver à aligner plus de trois phrases cohérentes. Je veux que le verbe se fasse vie, se fasse chair, qu’il purule, suinte et cicatrise. Je veux de longs flux de pensées, des explosions de dialogues absurdes. Je veux parler de ce connard d’être humain, ce machin faible, lâche, qui sue, qui pue, qui bande et qui mouille. Je veux toucher du doigt la souffrance de l’individu, ses espoirs, toutes ces conneries. Pour cela, je ne veux pas avoir besoin de l’attirail de vaisseaux spatiaux et d’aliens à la con. On ne crèvera pas en s’uplodant dans la machine. Il n’y aura pas d’invasion E.T. Il n’y aura pas de monde meilleur après la mort, fous-le toi au cul ton paradis. On va juste rester là à attendre, à tenter vainement de guérir de nos sarcomes(zy) pour finalement s’éteindre comme des étrons dans une chambre d’hôpital froide, un goutte-à-goutte de morphine dans le bras, un cathéter planté dans la bite. Il n’y aura pas de miracles.
Non. Pas de miracles. Juste une pandémie. Ou une guerre de l’eau.
Je veux de la faiblesse et de la force à la fois. De la violence et de la tendresse. De la douleur et du réconfort. Je veux des fautes de gout, des fautes de style, de syntaxe, des niveaux de langages qui s’enculent en sarabande. De la haine inconsidérée et de la compréhension. Des caresses et des claques en pleine gueule.
De la vie, la putain de ta mère. Juste de la vie.
 
Je me planterai. Je repasserai par des chemins déjà explorés mille fois. Oui. Je ferai tout ça. Je recevrai quelques encouragements, c’est probable.
J’essuierai des insultes, j’affronterai le mépris, c’est certain.
Mais bordel, au moins, j’aurais fait quelque chose.
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Jeudi 10 janvier 2008

L.106 décida alors de se bourrer d’une foultitude de pilules whoah ! des petits machins bleus, des verts, des oranges, certains allongés, d’autres plats, bombés ou rainurés, en losange, en rond, en ellipse, illustrés de glyphes obscurs, parfois de lettres en arial 12 ou times new roman 10. Il se mit à prononcer les noms des principes actifs avec gourmandise chaque fois qu’il gobait ses cachets. 
Carbamazépine. Oxcarbamazépine. Valpromide. Divloproex. Lamotrigine. Topiramate. Gabapentine.
Ils donnaient parfois la chiasse, mais putain les noms étaient vraiment trop cools.

Une fois guéri
(mais le fut-il vraiment ? ummmpfff …)
il décida qu’il allait tout mettre en œuvre pour être sérieusement pris au sérieux. Sans déconner.
Il allait simultanément :
1)     fréquenter le monde de la SF
2)     et répondre aux appels à textes dudit monde.

Pour fréquenter le monde de la SF, il se dit que le plus simple était d’aller faire un tour sur les forums consacrés, de dire bonjour les gens, comment va, de lâcher des supers commentaires Dick is the king, Egan rules, et Van Vogt sucks, de se faire une bande de potes virtuels et de préparer sa pub tranquillement.
Bon.
Le problème, c’est que L.106 est un gros con – on l’a déjà dit – et qu’il ne sait pas très bien se comporter en société, il fume, il rote, il se met les doigts dans le nez et il se gratte les couilles.
Sauf que sur les forums de SF, les autres sont pareils – ils ne savent pas non plus se comporter en société. Ce sont des geeks. Des nerdzs. Des dorks, des forks, des proks, chtoks, morks. Comme lui.
L.106 ne pouvait donc pas se sentir différent.
Ca lui a fait super mal au cul.


Il a aussi tenté les conventions de SF. Une : les Utopiales de Nantes. C’est vrai, c’était en 2006, on ne devrait pas en parler ici, ça aurait dû faire l’objet du bilan 2006, mais on s’en fout, y’a pas de bilan 2006 et faut rattraper le temps perdu. A l’époque – en novembre 2006 donc – L.106 habitait Nantes, et se dit, tiens, c’est super, y’a les Utopiales, ça se passe à 100 mètres de chez ouam, on va aller voir, on va rigoler, on va se faire dédicacer des bouquins, ça va déchirer. L.106 a donc craché ses 6 euros de droit d’entrée et n’aurait guère pu se faire chier plus.
(Avec un peu de recul, il se dit qu’il aurait mieux fait d’aller voir un film de Lynch)
(Avec un peu plus de recul, il se dit qu’en fait non)
Il a assisté à une seule conférence. Kim Stanley Robinson, Brian Aldiss et Roland C. Wagner papotaient sur la terraformation de Mars. Ca aurait pu être juste énorme, sauf qu’il assista à un sabotage conjoint de la part de l’animateur (qui rabattait systématiquement le débat au sol dès que celui-ci tentait un envol scientifico-philosophique) et par RCW (qui, lui, n’était là que pour vanter les mérites de son dernier opus L.G.M). Bon. On pardonne à Roland : il est marrant. Ou alors, il fait bien semblant. 
Bref.
L.106 est alors monté à l’étage. Là, il y avait la librairie et les dédicaces. Dans la poche de son manteau, se trouvaient les n° 2000 et 2001 du Fleuve Noir. Il aurait pu les faire dédicacer : les auteurs étaient là, à deux mètres, disponibles, souriants, l’air gentil et sympa. Seulement, L.106 est un gros timide (oui, on sait, c’est aussi un gros con) et il n’a jamais su entamer une conversation, ni avec les filles, ni avec les bébés, ni avec les chiens, ni - non plus - avec les auteurs de SF. Il aurait dit quoi, hein ? Qu’est-ce qu’il aurait dit ?
Euh, ouais, salut Serge, salut Roland, on se connait pas, mais moi je vous connais, enfin, bon, je veux dire, j’ai lu deux trois trucs de vous, c’était sympa, bon, ouais, c’est pas non plus des chefs d’œuvres, je veux dire, c’est vrai c’est pas comme si c’était du Dan Brown ou du Marc Lévy, hein, évidemment, mais bon comme j’ai les bouquins dans la poche je me suis dit que ce serait sympa si vous me les signiez quoi, des supers bouquins, achetés d’occase heureusement. Euh, sinon, ça gaze, la vie, la famille, tout ça ?
Bref, ça a gonflé L.106, il n’a pas demandé les dédicaces et il s’est cassé. Il est rentré chez lui, et il a joué à Resident Evil 4. Après avoir explosé une bonne quatre-vingt dizaines de zombis à coup de shotgun en pleine face, il a éteint la PS2 puis a lancé un film de boules sur son lecteur DVD. Dans son cerveau malade, les courbes de Brianna Banks et Sylvia Saint se mêlaient aux râles d’agonie des malfaisantes créatures numériques préalablement exterminées. Son zizi devint tout dur.
 
On comprend désormais beaucoup mieux pourquoi L.106 a besoin de médicaments.
 
(Suite et fin dans Labocriture – Bilan 2007 (3))
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Samedi 5 janvier 2008

L’année 2007 est bien morte, la salope, il n’a pas fallu longtemps pour en venir à bout, comme toujours, comme toutes celles qui l’ont précédé. Elle n’a pas résisté. Une balle dans la tête, à bout portant, à minuit sonné. Rentre à la maison, Cendrillon, et dis à ta mère que je t’ai baisée comme elle, il y a un an. Ca lui fera plaisir. Ca lui fera des souvenirs.

Quant à ta propre fille…ah ! Amusons-nous encore un peu. Elle est si fraiche, si jeune. Tellement innocente.

En 2007, L.106 est revenu à Lyon, au printemps. Il faisait encore un peu froid. Il mit le chauffage à fond. C’était bon.
(L.106 parle de lui à la troisième personne du singulier, il aime bien, il à l’impression que ça le rend plus important qu’il n’est, que ça l’extrait quelques instants de son insignifiance. L.106 est un gros con)
Cela faisait dix ans qu’il était parti. Il avait vadrouillé à droite à gauche, fait des erreurs, rencontré des gens, puis d’autres, s’en était séparé, éloigné. Sans jamais arriver à trouver le temps d’écrire. L’envie le rongeait tous les jours, depuis dix ans – il jetait des morceaux de phrases sur des calepins, dans ses agendas, écrivait un ou deux paragraphes, sans signification. Il éjaculait quelques mots sur le papier, puis repartait faire autre chose. Fire and forget.

Le temps du changement était venu.

Il acheta des blocs notes et des stylos. Il ouvrit un blog. Il répondit à des appels à textes. Il fréquenta le milieu de la Sci-Fi.

Comme il était à la fois naïf et débutant – mais avec une courbe d’apprentissage rapide – il fit des erreurs. Aucune irréparable, toutes riches d’enseignement.

La première erreur fut de vouloir mettre en ligne tous les textes qui sortiraient de son usine à histoire. L.106 pensait qu’il s’agissait là d’une démarche saine. Il estimait que le sacro-saint droit d’auteur était une pure connerie. Il imaginait que cette action flamboyante allait lui attirer une horde de fans en délire et que les meilleures d’entre elles (L.106 ne pouvait rêver ses fans autres que femmes) l’inviteraient dans leur lit (il acceptait aussi les variantes telles que le moelleux tapis en forme d’ours, ou la machine à laver en plein cycle essorage).
I
l s’est majestueusement trompé.
Il s’est vautré comme une merde.
Il a finalement compris la règle de base : IL NE FAUT PAS mettre ses textes en lignes. Ca ne se fait pas. C’est avouer d’emblée que ce que l’on écrit est de la merde, que cela ne vaut rien, qu’on a des doutes sur ses propres compétences, et qu’on arrivera même jamais à la cheville d’un tâcheron du FNA ou de la collection Harlequin.
C’est s’assurer d’entrée de jeu que l’on ne sera pas pris au sérieux.
Il ne prit conscience de cette règle que petit à petit, enfant stupide découvrant le monde de ses grands yeux écarquillés. Il entendit-vit-lut des wannabe-auteurs comme lui ne prêcher que par la divine édition, que par ce rêve ténu et lointain d’être un jour publié en vrai livre, avec une vraie jaquette, et leur noms en gros, en gras, en lettres criardes imprimé dessus. Raaah. Il entendit-vit-lut le grand gourou de la Sci-Fi française, le grand, l’immense, le terrible Gérard Klein avouer qu’il ne connaissait pas le Creative Commons, que l’avenir de l’édition était, est, sera, toujours le livre, que rien de bon ne pouvait sortir du net, que si les auteurs du net étaient sur le net, justement, c’est qu’ils n’étaient, en toute fin, que des médiocres. Raaaaah. Il entendit-vit-lut de tout jeunes amateurs cherchant à tout prix à protéger/copyrighter leur cinq pauvres pages mal branlées, leur grand-œuvre. Raaaaaaah. Il entendit-vit-lut d’autres wannabe-auteurs céder aux sirènes du compte d’auteur, se faire niquer et venir chialer après. Raaaaaaaaah !
L.106 sentit la colère gonfler en lui. Il sentit son côté réac de gauche se réveiller. Il sentit son côté anarchiste de droite se réveiller de même. Il se dit : c’est pas grave, c’est normal, je suis schizophrène. Il se dit : et en plus, je suis maniaco-dépressif.

C’est pas grave. C’est pas grave.
On trouvera bien quelque chose.

(Suite dans Labocriture – Bilan 2007 (2))

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Dimanche 18 novembre 2007

D'aucuns se souviennent peut-être d'un des textes qui fit l'ouverture de ce blog : il s'agissait d'une petite chronique énergique au sujet du bouquin de Thomas Geha, le fameux A comme Alone

alone01.jpgQuelques temps après - mais sans qu'il y ait là le moindre lien de cause à effet - l'idée de réaliser une parodie fut lancée sur le forum de Rivière Blanche.  A comme Alone étant un hommage direct et authentique à l'Autoroute Sauvage, il était amusant de constater qu'en le parodiant, il s'agissait de s'attaquer aussi, par un effet de ricochet, à la trilogie de Gilles Thomas.
Pour donner une image cinématographique peut-être plus évidente (bien qu'inexacte), si l'Autoroute Sauvage correspond à Halloween, alors A comme Alone est Scream et T comme Touseul, 
Scary Movie.Anticip742-copie-1.JPG





Le jeu a débuté fin juin et trois guignols (Alain, Lekarr et votre serviteur) ont répondu présents, trois gars qui se se sont bien fendus la poire en tentant de raconter les aventures d'un pauvre couillon nommé Terminator-Têtenlair (dit Tété), parcourant un monde post-apocalyptique complétement barré, accompagné de ses fidèles (?) compagnons Grasse (qui porte bien son nom) et Psychololo (le modèle de grand balèze très très con) ; arrivés à la mi-novembre, nous pouvons annoncer avec fierté que la pochade atteint désormais sa bonne cinquantaine de pages, qu'elle est pleine de jeux de mots foireux, d'absurdités, de bastons débiles (et aussi pleine de trous et d'incohérences, mais n'insistons pas là-dessus, si vous le permettez).
Je vous en mets quelques extraits :

1 - "
Je suis désolé messieurs mesdames mais je suis pas le combattant du futur moi. Généralement, j’essaye d’éviter les emmerdes tant que je peux – mais vu comme je suis fait, je peux pas souvent. Je joue dans la catégorie dialogue, je fais dans la parlote, pas tellement dans la baston. Je suis pas doué pour ça alors je repousse au maxi le moment où va falloir se fighter. C’est vrai que je me trimballe avec un katana bien rangé dans son étui le long de ma colonne vertébrale, mais c’est juste pour épater la galerie, pour impressionner, donner du poids à mes discours. Faudrait pas que je le sorte, par contre : c’est un vieux katana tout pourri, tout rouillé, que j’avais acheté à une brocante lorsque le monde tenait encore debout. Je l’avais eu à 20 euros, si je me souviens bien. Je m’étais fait arnaqué."

2 -
Ca tombe bien que tu me demande ça mon Tété 
(tu parles)
passque justement, tu vois, ça faisait un moment que j'avais rencontré personne et je me languissais un peu de parler, j'avais personne à qui raconter mes dernières aventures, et dieu sait s'il y en a eu, ah oui, alors, dieu le sait, ou alors il s'en fout, je sais pas, en fait il me répond jamais, des fois je lui laisse des messages, j'écris des SMS dans le sable pour qu'il puisse les lire et tout, mais jamais il répond, ou alors peut-être, je sais pas, il répond dans l'eau, mais c'est dommage passque ça s'efface super vite dans l'eau, tu sais, un peu comme l'épitaphe de Byron, ou Yeats je me rappelle plus bien, j'avais lu ça dans un livre un jour, mais c'était y'a longtemps, longtemps, j'étais tout petit, presque aussi petit que toi, pas tout à fait aussi petit mais pas loin, et donc sur l'épitaphe de Byron, ou Yeats, - au fait on dit sur l'épitaphe, ou dans l'épitaphe ? c'est pas la pierre l'épitaphe, non ? c'est le cénotaphe alors hein, enfin, un truc en taphe quoi – le mec y disait un truc comme 'Ci-git celui dont le nom était gravé dans l'eau', joli, moi j'aime beaucoup, j'aimerais bien avoir ça sur mon truc-en-taphe, mais bon, çà n'empêche pas dieu il me répond jamais, je lui parle, je lui parle
(tu parles, tu parles, ça pour parler, tu parles)
et il a l'outrecuidance – j'aime bien ce mot, il a beaucoup de syllabes, il est joli – il a l'outrecuidance d'outrecuire et de pas répondre, donc moi je suis pas content après, je suis obligé de me défouler, de taper sur des machins, des gens, des petits enfants, mais en ce moment y'a beaucoup moins de petits enfants, on dirait qu'ils ont tous été mangés, vous avez des enfants vous ? on dirait bien à voir la dame, y'a des restes, non, ou alors c'est qu'elle mange pas équilibré, c'est mauvais pour la santé, le transit intestinal se fait pas bien, la rétention d'eau et tout, je connais, ça m'arrive aussi notez, pas parce que j'ai des enfants, hein, huh huh je sais pas comment on fait, mais parce que je mange pas assez de légumes, ou alors des orties, c'est bon ça les orties, ça a un peu le goût des blettes, ou des cardons (vous connaissez les cardons, non, c'est régional, y'a pas grand monde qui connait, mais à la crème, c'est très gouteux, délicieux, avec des lardons aussi c'est bon) et du coup mon caca il descend moins facilement, un peu comme s'il restait accroché, vous voyez, tout en haut, dans l'intestin, ou le colon, ou la rate, enfin un organe du bas, et c'est pénible passque on a beau pousser pousser ca veut pas, et quand ça veut pas ça veut pas et ... euh ... putain, j'ai perdu le fil moi. Tu m'a demandé quoi déjà mon Tété ?"

3 - " Salut Tété, c'est bien la Terre ici ? » dit le premier machin."

Tout ceci pour dire que l'aventure n'est pas terminée, et que surtout, elle est ouverte à tous ; chacun peut ajouter sa petite pierre malingre, débile ou déjantée sur l'édifice de la légende en marche de Tété le Toutseul, le gros looser post-apocalyptique.
Ca se passe
.

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Vendredi 26 octobre 2007

worldinurhands.jpgDeux petits morceaux de réflexion :

L'un glané ces jours-ci sur ActuSF (c'est Serge Lehman qui parle) :
"
C'est la raison pour laquelle le schizophrène est à la fois la réponse-type au système et, en même temps, sa production la plus aboutie. Il faut posséder (au moins) deux esprits : un – classable – pour pouvoir survivre dans le monde marchand et un second – privé – pour mériter le nom d'être humain. "

L'autre trouvé hier matin, dans le V. de Thomas Pynchon :
"S'il se destine à l'Administration, il écrira des livres. S'il est ingénieur ou architecte; il fera de la peinture ou de la sculpture. Il ira en s'écartelant au dessus de la ligne de démarcation, assez lucide pour se rendre compte que chacun des deux mondes ne lui donne que la plus mauvaise part, mais sans jamais se demander pourquoi la démarcation existe, ni même si elle existe. Il connaitra le destin de l'homme dédoublé et poursuivra son jeu d'écartèlement jusqu'à ce qu'il se fende par l'entrejambe et qu'à force de se tendre tout son corps finisse par s'ouvrir en deux et qu'il soit, conséquemment, détruit."


Je suis rassuré : je suis une réponse-type du système et vers 45 ans (âge approximatif estimé du craquage d'entrejambe) je devrais normalement m'auto-détruire. Super cool. Ca va être funky-fun.

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Mercredi 24 octobre 2007

Je vais me faire un peu de pub. Ce qui entre nous soit dit ne sert pas à grand chose puisque je n'ai rien a vendre, ni ma chemise, ni mon cul. Bref.
Il y peu, sortait le super chouette classe top grave bien ouvrage Le retour de Cal de Ter. Une de mes nouvelles est dedans.
A cette occasion, le site Fantastinet a eu la bonne idée de réaliser une interview de tous les auteurs de l'anthologie. Super cool. Je profite de ce blog pour leur faire de gros bisous.

Le lien qui va bien, avec la chronique et les liens vers les interviews :
The chronique and the links

Ainsi que - et là, ça confine au sublime - mon interview à moi que j'ai, la première, l'unique peut-être, que je me la pète avec :
The déchired interview of Laurent Million

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Vendredi 12 octobre 2007

Pour votre propre sécurité, ne vous penchez pas dans le vide.
Pour votre propre sécurité, respectez la ligne blanche.
Pour votre propre sécurité, mangez bio.
Pour votre propre sécurité, ne donnez pas de nourriture aux ours.
Pour votre propre sécurité, ne donnez pas d'argent aux mendiants.
Pour votre propre sécurité, cet espace est vidéo-surveillé.
Pour votre propre sécurité, lavez-vous souvent les mains.
Pour votre propre sécurité, marchez sur le trottoir.
Pour votre propre sécurité, mettez des préservatifs.
Pour votre propre sécurité, faites le ramadan.
Pour votre propre sécurité, achetez un 4x4.
Pour votre propre sécurité, faites attention au chien.
Pour votre propre sécurité, la police rode.
Pour votre propre sécurité, ne faites pas de ram-dam.
Pour votre propre sécurité, ne soyez pas homophobes.
Pour votre propre sécurité, ne regardez pas la télé.
Pour votre propre sécurité, veuillez lire les contre-indications.
Pour votre propre sécurité, ne pissez pas sur les prises électriques.
Pour votre propre sécurité, payez vos impôts. 
Pour votre propre sécurité, ne parlez pas arabe dans l'avion.
Pour votre propre sécurité, ne mangez pas gras.
Pour votre propre sécurité, ne prenez pas le métro tard le soir.
Pour votre propre sécurité, ayez toujours vos papiers sur vous.
Pour votre propre sécurité, ne mouillez pas les gremlins. 
Pour votre propre sécurité, ne jetez pas le coran dans les toilettes.
Pour votre propre sécurité, ne soyez pas homosexuel.
Pour votre propre sécurité, ne pétez pas sur des allumettes enflammées.
Pour votre propre sécurité, n'ayez pas d'enfants.
Pour votre propre sécurité, essuyez-vous les fesses après avoir fait caca.
Pour votre propre sécurité, faites vous vaccinez contre la grippe.

barr02.gif

Pour votre propre sécurité, ne me faites pas chier.


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Mercredi 19 septembre 2007

Depuis l'envoi de La Ligue des Faiseurs de Bière au Phénix, je me la suis coulé douce. Je n'ai pas écrit la moindre ligne. Je n'avais pas envie, j'avais plein d'autres truc plus intéressants à faire (j'ai le droit, je ne suis pas écrivain, je ne suis pas tenu à un résultat, j'ai personne à nourrir avec ma plume et si ça suffit pas, j'ai mon contrat moral d'écriture pour me couvrir – ah, oui, et j'oubliais – mon petit gimmick vulgaire : et je vous emmerde).
(Pour être tout à fait honnête, je n'ai certes pas écrit, mais j'ai pris des notes pour un futur et hypothétique roman mainstream, du genre auto-fictionnel, mais avec des fées dans le placard, un supermarché silent-hillesque et une prise d'otage avec coups de fusil à pompe en pleine tête. Pour le reste, il s'agit de ma vie…)

Et pourtant, y'a des trucs sur le feu : une nouvelle (Valdemar 2.0) pour
Outremonde (thème : romantisme noir), un machin de 20 lignes pour Arte (thème, 'Moi/Je' - torché en environ 10 minutes, faut que je le relise – compter 5 minutes – et que je l'envoie – encore 5 minutes) et un entrainement psychologique pour le concept de la nouvelle noctivore (ou noctiphage – je sais pas), un concours de nouvelles qui va me bouffer la nuit du 19 octobre. Or, ce soir là, ma boite organise une méga-fiesta où l'alcool devrait couler à flot (y'aura peut-être même des putes, mais rien n'est officiel pour l'instant) : je vais donc cumuler les difficultés, le manque de temps (le concours se déroule du vendredi soir 19h au samedi matin 7h et je compte rentrer chez moi aux alentours de 22h30, 23h – sauf imprévu, genre coma éthylique ou partouze) et l'alcoolémie (sans arriver au coma, la probabilité d'un grammage conséquent est élevée). Ca, c'est du défi. Avec un peu de chance, il s'agira du meilleur texte jamais sorti de mon clavier.
(Comment ça, c'est pas difficile ?)

Concours de Nouvelles des Insomniaques
Recommandé par des Influenceurs


Le reste du temps, j'ai écouté de la musique et été a des concerts (vendredi dernier, Paradise Lost passait Transbordeur à Lyon – j'ai pu gouter aux joies du headbanging, tout en mâtant de la minette gothique et en buvant de la bière – essayez de vous imaginer la scène, je vous promets que c'est super chaud d'arriver à faire correctement et proprement les trois en même temps), j'ai joué à des jeux vidéos (je suis en plein Dragon Quest 8 sur PS2, et c'est excellent mais over-chronophage - ce qui est très étrange c'est que autant j'aime bien jouer à des jeux qui se déroulent dans des univers de fantasy, autant je ne peux pas la blairer en littérature – y'a-t'il un psy qui lit ce blog qui pourrait m'expliquer ce phénomène étrange ?) et j'ai lu de la vraie littérature : Don Delillo (L'étoile de Ratner – énorme, profond et absurde à la fois, alors que, par exemple, j'ai détesté son Cosmopolis), Nancy Huston (Une adoration – bah, c'est du Huston quoi - donc c'est bien), Philip Roth (La bête qui meurt – à chier, j'ai décidément beaucoup de mal avec Roth, ça m'avait fait pareil avec la Pastorale Américaine, je ne trouve aucun thème qui résonne en moi et je m'ennuie – là, c'est l'histoire d'un vieux qui se tape une jeune – heureusement, c'est court), John Irving (Je te retrouverai – chiant, en miroir du Roth, c'est un jeune qui se tape des vieilles – oh, oui, et pis, il recherche son père aussi – plus de 800 pages, interminables) ou Imre Kertesz (Etre sans destin – en cours de lecture, arrivé à la page 27 ça présage du meilleur pour la suite, et comme le gars il est prix Nobel, même si j'aime pas, je n'aurai qu'à fermer ma gueule). 
Pas un seul bouquin de SF depuis un mois.
C'est un cycle, faut pas s'inquiéter : c'est simplement que, en ce moment, aujourd'hui, la SF me fait chier. (Et je ne parle même pas de la fantasy – qui, elle, m'a toujours fait chier). Je n'ai aucune envie d'en lire. Quand j'en lis, je trouve qu'il manque quelque chose, je la trouve vaine, pauvre de style et d'humanité. Alors je vais voir du côté de la lit-gen. Et je trouve le truc qui manquait (pas toujours, c'est vrai). Mais là encore, en lit-gen, au bout d'un moment, il manque un truc, une part de rêve, d'imaginaire, de folie. Alors je retourne voir du côté de la SF, ou du fantastique. C'est comme un balancier. Ou un yo-yo. Ou un manico-dépressif bi-polaire. Ou une chanson populaire : ça s'en va et ça revient. Ou encore mieux : comme un homme qui trompe sa femme (ou une femme qui trompe son homme, ça se vaut, c'est aussi fréquent, c'est pas joli-joli non plus), il croit que l'herbe est plus verte ailleurs (ou que les pipes sont mieux taillées) et en fait non, sauf que ça dépend, faut voir, il papillonne, il hésite, il butine, s'en va, demande pardon, ne peut résister à l'appel de l'ailleurs, à la tyrannie de ses couilles, il y retourne, il revient. Mais où qu'il aille, il reste insatisfait.

Et pour terminer, quand même, un événement : la sortie de
l'Anthologie Le Retour de Cal de Ter . Ce qui n'est pas rien. Déjà parce que Cal de Ter c'est bien (si vous avez des doutes, allez lire la préface de Claire Panier-Alix disponible sur le site de Rivière Blanche), c'est le must de la SF populaire française – dans la série Fleuve Noir on peut le ranger sans problèmes aux côtés des Gilles Thomas – la crème de la crème. Ensuite, parce que plein de gens bien sont dedans. Pour continuer, parce que je suis dedans (et pourtant, je ne suis pas un gars bien). Et enfin, parce que Fantastinet/ se propose de réaliser une interview de tous les auteurs de l'Anthologie. Cool. C'est donc à la fois mon premier contrat, et ma première interview.
Donc, si un jour, je suis célèbre et plein de pognon, faudra pas me faire oublier de toujours remercier messieurs PJ Hérault et Philippe Ward, parce que ce sera grâce à eux. Un peu.

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Mardi 14 août 2007

Article Un – Le but premier de L.106 n'est pas d'être publié. Il s'agirait cependant d'un phénomène périphérique fort appréciable qui serait accueilli avec bonheur et bie