Depuis l'envoi de La Ligue des Faiseurs de Bière au Phénix, je me la suis coulé
douce. Je n'ai pas écrit la moindre ligne. Je n'avais pas envie, j'avais plein d'autres truc plus intéressants à faire (j'ai le droit, je ne suis pas écrivain, je ne suis pas tenu à un résultat,
j'ai personne à nourrir avec ma plume et si ça suffit pas, j'ai mon contrat moral d'écriture pour me couvrir – ah, oui, et j'oubliais – mon petit gimmick vulgaire : et je vous
emmerde).
(Pour être tout à fait honnête, je n'ai certes pas écrit, mais j'ai pris des notes pour un futur et hypothétique roman mainstream, du genre auto-fictionnel,
mais avec des fées dans le placard, un supermarché silent-hillesque et une prise d'otage avec coups de fusil à pompe en pleine tête. Pour le reste, il s'agit de ma vie…)
Et pourtant, y'a des trucs sur le feu : une nouvelle (Valdemar 2.0) pour Outremonde (thème :
romantisme noir), un machin de 20 lignes pour Arte (thème, 'Moi/Je' - torché en
environ 10 minutes, faut que je le relise – compter 5 minutes – et que je l'envoie – encore 5 minutes) et un entrainement psychologique pour le concept de la nouvelle noctivore (ou noctiphage – je sais pas), un concours de nouvelles qui va me bouffer la nuit du 19 octobre. Or, ce soir là, ma boite
organise une méga-fiesta où l'alcool devrait couler à flot (y'aura peut-être même des putes, mais rien n'est officiel pour l'instant) : je vais donc cumuler les difficultés, le manque de temps
(le concours se déroule du vendredi soir 19h au samedi matin 7h et je compte rentrer chez moi aux alentours de 22h30, 23h – sauf imprévu, genre coma éthylique ou partouze) et l'alcoolémie (sans
arriver au coma, la probabilité d'un grammage conséquent est élevée). Ca, c'est du défi. Avec un peu de chance, il s'agira du meilleur texte jamais sorti de mon clavier.
(Comment ça, c'est pas difficile ?)
Le reste du temps, j'ai écouté de la musique et été a des concerts (vendredi dernier, Paradise Lost passait Transbordeur à Lyon – j'ai pu gouter aux joies
du headbanging, tout en mâtant de la minette gothique et en buvant de la bière – essayez de vous imaginer la scène, je vous promets que c'est super chaud d'arriver à faire correctement et
proprement les trois en même temps), j'ai joué à des jeux vidéos (je suis en plein Dragon Quest 8 sur PS2, et c'est excellent mais over-chronophage - ce qui est très étrange
c'est que autant j'aime bien jouer à des jeux qui se déroulent dans des univers de fantasy, autant je ne peux pas la blairer en littérature – y'a-t'il un psy qui lit ce blog qui pourrait
m'expliquer ce phénomène étrange ?) et j'ai lu de la vraie littérature : Don Delillo (L'étoile de Ratner – énorme, profond et absurde à la fois, alors que, par exemple,
j'ai détesté son Cosmopolis), Nancy Huston (Une adoration – bah, c'est du Huston quoi - donc c'est bien), Philip Roth (La bête qui meurt –
à chier, j'ai décidément beaucoup de mal avec Roth, ça m'avait fait pareil avec la Pastorale Américaine, je ne trouve aucun thème qui résonne en moi et je m'ennuie – là, c'est
l'histoire d'un vieux qui se tape une jeune – heureusement, c'est court), John Irving (Je te retrouverai – chiant, en miroir du Roth, c'est un jeune qui se tape des vieilles –
oh, oui, et pis, il recherche son père aussi – plus de 800 pages, interminables) ou Imre Kertesz (Etre sans destin – en cours de lecture, arrivé à la page 27 ça présage du
meilleur pour la suite, et comme le gars il est prix Nobel, même si j'aime pas, je n'aurai qu'à fermer ma gueule).
Pas un seul bouquin de SF depuis un mois.
C'est un cycle, faut pas s'inquiéter : c'est simplement que, en ce moment, aujourd'hui, la SF me fait chier. (Et je ne parle même pas de la fantasy – qui, elle, m'a toujours fait chier).
Je n'ai aucune envie d'en lire. Quand j'en lis, je trouve qu'il manque quelque chose, je la trouve vaine, pauvre de style et d'humanité. Alors je vais voir du côté de la lit-gen. Et je trouve le
truc qui manquait (pas toujours, c'est vrai). Mais là encore, en lit-gen, au bout d'un moment, il manque un truc, une part de rêve, d'imaginaire, de folie. Alors je retourne voir du côté de la
SF, ou du fantastique. C'est comme un balancier. Ou un yo-yo. Ou un manico-dépressif bi-polaire. Ou une chanson populaire : ça s'en va et ça revient. Ou encore mieux : comme un homme qui trompe
sa femme (ou une femme qui trompe son homme, ça se vaut, c'est aussi fréquent, c'est pas joli-joli non plus), il croit que l'herbe est plus verte ailleurs (ou que les pipes sont mieux taillées)
et en fait non, sauf que ça dépend, faut voir, il papillonne, il hésite, il butine, s'en va, demande pardon, ne peut résister à l'appel de l'ailleurs, à la tyrannie de ses couilles, il y
retourne, il revient. Mais où qu'il aille, il reste insatisfait.
Et pour terminer, quand même, un événement : la sortie de l'Anthologie Le Retour de Cal de Ter . Ce qui n'est pas rien. Déjà parce que Cal de Ter c'est bien (si vous avez des doutes, allez lire la préface de Claire Panier-Alix disponible sur le site de Rivière Blanche), c'est le
must de la SF populaire française – dans la série Fleuve Noir on peut le ranger sans problèmes aux côtés des Gilles Thomas – la crème de la crème. Ensuite, parce que plein de gens bien sont
dedans. Pour continuer, parce que je suis dedans (et pourtant, je ne suis pas un gars bien). Et enfin, parce que Fantastinet/ se propose de réaliser une interview de tous les auteurs de l'Anthologie. Cool. C'est donc à la fois mon premier contrat, et ma première interview.
Donc, si un jour, je suis célèbre et plein de pognon, faudra pas me faire oublier de toujours remercier messieurs PJ Hérault et Philippe Ward, parce que ce sera grâce à eux. Un peu.



