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Vendredi 29 juin 2007

cal01-copie-1.jpgJuste un mot pour vous signaler que l’Anthologie Cal de Terre à paraître en septembre aux éditions Rivière Blanche avance : les nouvelles présélectionnées par Philippe Ward viennent d’être envoyées à P.J. Hérault. Charge ensuite à lui de valider (ou non) ces nouvelles, et/ou de demander quelques corrections éventuelles.

Une de mes nouvelles fait partie de la liste des nominés (Le fils du héros) et je suis pas loin de faire pipi dans mon slip en attendant le verdict. Je me sens un peu comme un lauréat de la Star Ac’ ou de ‘Nouvelle Star’, placé sur un siège éjectable. D’autant que je n’ai pas été des plus tendre avec son héros, Cal, bien que celui-ci n’apparaisse pas en personne.

Bah, ouais, c’est comme ça, j’aime pas les héros. Alors je leur trouve des défauts.

Je construis des anti-héros, des losers, des parias, des hommes blessés. D’où : le fils du héros. Tout est dans le titre.

Je ne sais pas si je suis bien dans le ton – j’ai fait dans le dépressif ironique, pas dans le glorieux héroïque. On verra bien : c’est du ‘ça passe ou ça casse’.

Au mieux : la nouvelle est sélectionnée, et je pourrais me la péter devant mes amis. Je pourrais alors hurler haut et fort : ‘je suis un écrivain maintenant, moi, j’ai été publié, moi, et oui m’sieur-dames, vous ne savez pas à qui vous parlez, vous ne mesurez pas votre chance, laissez-moi passer bon sang, non, non, je ne signe pas d’autographe, non, parlez-en à mon agent, faites pas chier, bordel’

Au pire : la nouvelle n’est pas sélectionnée, je prendrais la pose genre ‘artiste maudit’ (z’êtes tous des empaffés, vous comprenez que dalle à l’art, chuis incompris, pourtant chuis le meilleur, et je vous emmerde, tous autant que vous êtes) et je la mettrais en ligne sur ce blog. Pour me venger.

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Lundi 18 juin 2007

alone01.jpgEh Pépé, viens là mon garçon, j’ai deux mots à te dire. Approche.

Ah, la vache ! Ces Alones, toujours à courir à droite à gauche, pas de temps à perdre. Jamais. Une question de survie il parait. Toujours être aux aguets, à faire gaffe à ces putains de Rassemblés, ces bandes fanatiques, religieux ou militaires.  Les deux parfois. Complètement barrés ces cons de Rasses. Parait même que certains sont cannibales. Dans quel monde on vit, hein, mon Pépé ? 
Mais toi, t’es pas pareil, n’est ce pas ? Toi, t’es un Alone, un ‘tout seul’, un ‘les autres, j’m’en tape’. Quand tu te fais des potes, c’est pas pour la vie, c’est juste pour survivre un peu plus longtemps. Enfin, ça c’est ce que tu dis, ce que tu voudrais nous faire croire. Mais on n’est pas dupes. 
T’es un gars bien, Pépé, j’ai vu ça tout de suite. Un peu bourrin, ouais, prompt à balancer tes couteaux, ou à éventrer un enfoiré de Rasse d’un bon coup d’épée, mais le cœur sur la main. T’aides les gentils, et tu butes les méchants. Recta. J’aime bien. T’es pas compliqué comme garçon. Droit et honnête.
Bon, c’est vrai, qu’au début, je voyais pas trop où tu voulais en venir, je saisissais pas bien l’enjeu, en fait. Où tu allais, et pourquoi, c’était un peu flou. D’autant que comme le crétin de base sorti d’un bouquin de Gilles Thomas, t’as rien trouvé de mieux que de te faire chopper. A la première page, putain. Direct, sans fioritures. Comme le bon gros gland que tu es.
Mais tu me faisais marrer, alors j’ai continué de lire tes histoires. Ta rencontre avec Gaby et Flo par exemple, ou avec l’autre enfoiré de Corbeau et ces Voitortues. 
(N’empêche que c’est con, moi j’aurais bien aimé que les Voitortues se mettent des branlées, genre Street Godzilla Fighter, tu vois. Round One, Fight ! Bam ! prends mon carter dans ta face, enfoirée de Coccinelle ! Bam ! mange mon pot, saloperie de Citroen !)
Mais tout ça c’était avant de retrouver le chemin, avant de te redéfinir un but, pas vrai ? Passque, on a beau dire, mais la Grise, là, hein, c’est une sacrée nana, non ? Importante. Primordiale même. Le genre qui mérite qu’on se batte pour. Tu serais pas le gars que tu es sans cette gonzesse : elle t’a tout appris. A trouver ta bouffe comme un grand, à lire une carte routière sans te vautrer, à te bastonner – elle t’a même appris ce que c’était ce machin là, l’amour, la baise. Pas vrai mon cochon ? Pas vrai que c’est la bonne ? Pas vrai que là, va falloir te battre avec toutes tes tripes, tout ton cœur ? Passque là ça vaut le coup, là y faut y aller, faut se sortir les doigts.

B
ien épuisant tout ça, hein mon Pépé ? Mais bien fun aussi.

Bon allez, Pépé, ça suffit maintenant, je t’ai assez vu. Zou ! Allez dégages, va jouer dans ton bac à sable ! T’as encore plein d’autres aventures qui t’attendent. 
Passque je veux bien qu’A comme Alone, ça déchire, mais Alone contre Alone ça a intérêt à déchirer encore plus. Harder, faster, better, stronger, comme dirait ma poulette. Sinon, tout Pépé que tu sois, je viendrais te chercher par la peau du derche. Et là, j’te promets que pour déchirer ça va déchirer.

Et puis, sans charres, le mec clamsé sur les chiottes dans la librairie, rue Hoche, à Rennes, c’est qui, hein, c’est qui ? Tu nous ferais pas de la mise en abîme, une private joke, ou une connerie du genre ?

 

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Mardi 12 juin 2007

Aujourd'hui, je mets en ligne une nouvelle approximativement aussi vieille que la précédente. Elle a dix, onze ans. Je sais : je racle les fonds de tiroir, mais c'est pour faire patienter un peu, le premier chapitre du feuilleton n'est pas encore finalisé.

La nouvelle du jour est donc :
Répétition.
C'est bourrin, c'est pas fin. Mais j'aime bien.
Contrairement à la précédente (Sombre Corridor), celle-ci a déjà été publiée, suite à un concours de nouvelles. C'était dans le n° 10 de Présences d'Esprits, un fanzine qui était alors lié à Denoël et à la collection Présence du Futur. Le gars que j'avais eu au téléphone, m'annonçant que j'avais gagné, m'avait dit 'et en plus Jean-Marc Ligny a beaucoup aimé'. La grosse classe. Qui déchire grave. Je m'étais plus senti pisser pendant deux semaines.
(Ouais, enfin, même maintenant je me sens plus pisser. Si ça m'arrivait - de me sentir pisser - c'est là qu'il faudrait que je m'inquiète, la blennoragie, gonorrhée, chaude-pisse, je m'en passe très bien merci.)
Le prix avait été : un lot de trois livres (L'orbite déchiquetée de John Brunner, Constellations de Piers Anthony, et Les années Fléaux de Norman Spinrad - mon idole de l'époque - mais c'était con, celui-là je l'avais déjà, j'ai du le refourguer à mon frère) ainsi que (tadaaa!!) une jolie coupe 'Trophée de l'Agronirique 1996'. Je la conserve précieusement, juste à côté de la télé, un mini ballon de basket coincé dedans. Tout le monde croit que c'est un trophée sportif. Tout le monde me jette alors un coup d'oeil, et me dit :'Naaaaan, c'est pas possible... toi, sportif? Naaaaan'. 
Tout le monde est stupide.

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