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Vendredi 29 février 2008

Yeaaaaaah ! J'y suis arrivé ! Encore une fois !
J'ai réussi à terminer ma nouvelle Truelle, Pelle et Sébastian dans les temps. Mais tout juste, comme de bien entendu. La date limite d'envoi était le 29 février, et nous sommes ... yes, vous avez compris, le 29 février ! J'ai envoyé ma nouvelle à 20h50 - c'est cool, j'avais encore plein de temps devant moi, un tout petit peu plus de 3 heures.
Total success !

Truelle, Pelle et Sébastian, donc : pour l'AT des 
Trois Souhaits, la maison d'édition du super site ActuSF, où je trolle parfois assez vilement sur le forum. Bouh...
Pourquoi ce titre ? 
Parce que.
Parce que je raconte l'histoire de deux fées (Pelle et Truelle) et d'un pauv' gars Sébastian. Et aussi parce que 'Pelle et Sébastian', ça me faisait salement rigoler. 
Et j'aime rigoler.

Mais ce n'est pas tout ! 
Eh non !
Le Lolo ne s'est pas arrêté là, que nenni ! Il a aussi participé aux
Pépins 2008.
Le concept me paraissait étrange au départ : comment ça, écrire des textes de moins de 300 caractères ? C'est possible ça ? En racontant une histoire ? Bah, merde alors.
Je n'y croyais pas. Ergo, j'ai essayé.
Et j'ai trouvé ça super rigolo.
(J'aime rigoler, bordel, c'est si dur que ça à comprendre ?)

Ca donne des trucs comme ce qui suit :

Dune
Dame Jessica accoucha d'un fils. Ce n'était pas du goût des sœurs du Bene Gesserit  qui lui avaient commandé une fille.
Les épices, c'est bon, mais ça rend con. Pour des clous de girofle, le royaume fut perdu.

Le Seigneur des Anneaux
Lorsque Gandalf vint demander à Frodon le Hobbit de jeter l'Anneau Unique dans le Mont du Destin, ce dernier commanda un pigeon voyageur et une pizza 4 fromages. Le pigeon alla jeter l'Anneau, finit par se suicider ; le monde fut sauvé.
Frodon mourut de botulisme.

Ceci, pour les classiques.
Pour de l'original, y'a ça :

Cacahuète-Bowl – Curlys vs Grillées-salées de Balsen
Deux équipes se font face, prêtes à en découdre. L'une compacte, les Grillées-salées, l'autre plus vaporeuse, l'équipe des Curlys.
Elles en veulent – elles ne lâcheront rien.
D'une main vive, je les saisis et les dévore. Et lampe une gorgée de bière.

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Vendredi 22 février 2008

TCL-copie-1.JPGLyon-Villeurbanne ; station de métro Charpennes. Un matin de février. A l'extérieur le soleil brille, aucun nuage à l'horizon. A l'intérieur, une descente de contrôleurs des TCL est en cours. Toutes les issues sont bloquées ; pour atteindre le soleil et l'air frais, il faudra présenter laisser-passer, faire un sourire, dire merci et bonne journée.
Je ne crains rien – j'ai mon City Pass, les 44,80 Euros sont prélevés automatiquement chaque mois sur mon compte BNP-Paribas, jusqu'à ce que mort s'en suive, jusqu'à ce que je dise halte, non merci, j'en ai marre, je prends un Vélo'V.

Je passe dans le souterrain, pour récupérer ma correspondance, ligne B, direction Gerland, ce soir l'OL va faire match nul contre Manchester.
Un cowboy contrôleur d'un mètre quatre-vingt dix toise les passagers d'un air goguenard, la chevelure impeccable, la veste TCL protection-accueil-sécurité-contrôle tombant droit. Il jubile.
Face à lui, à un ou deux mètres, pas encore à distance de contact, un couple d'immigrés – roumains ou turques probablement – figés, comme statufiés. A voir leur mine défaite, leurs regards apeurés de lapins pris au piège dans leur terrier, ils n'ont pas de titre de transport. Non plus que de titre de séjour, ou de beaux billets neufs et craquant dans leur portefeuille – peut-être trimballent-ils une petite paire d'euros au fond de leurs poches, en pièce rouges, de un ou deux centimes, glanées de rame en rame à l'aide de leur gimmick ânonné en mauvais français 'siouplé, si pour mangé, siouplé, j'ai faim, m'sieur dames'. Peut-être. Pour un bout de pain et trois tomates.

Mais notre cowboy, fort de son SMIC, sait qu'il tient là ses prochaines victimes. Il est la loi, il est l'ordre, et il va nettoyer cette racaille étrangère, la foutre dehors même avec un peu de chance, emballez-moi ces traine-savates bons à rien qu'à mendier, c'est à cause d'eux si on n'a pas de travail, que tout fout le camp, allez, ouste, du balai, et un charter pour Bucarest-Ankara, un !
Ils ne bougent plus. Ils sont tétanisés. Quels rêves déçus, quels hurlements passent dans leur tête à cet instant ? Ils sont perdus cinq mètres sous terre - la Terre Promise est devenue traquenard, ils ont froid en permanence, ils sont sales, en guenilles. Ils n'ont plus d'échappatoire, plus de maison, plus rien – sinon la peur, infernale, irréductible.

TCL cowboy rigole.
- Bonnie and Clyde, dit-il.
Il a de la culture, il connait Gainsbourg. Et ce soir, il regardera OL-Manchester, un pack de Kro à ses pieds. Il est heureux.
Il précise, en allongeant les voyelles :
- Bonnie Paaaaarker et Clyde Barrooooooow.

Son collègue est hilare. Ah, oui, ça va être sympa de se les faire ces deux là. Et s'ils résistent, pas de soucis, la loi, la vraie, n'est pas très loin, de grands, de beaux CRS aux uniformes impeccables – prêts à mettre des coups de bottes ou de tonfa. C'est fun, ouais, on va casser de l'étranger, on va briser du pas-bienvenu chez nous. Après on ira à Bellecour – y'a plein de clodos aussi, mais eux ça va, ils sont français. En même temps, bon, ça nous empêchera pas de bien les faire chier, hein? Faut qu'on rigole un peu, merde – on est pas bien payés, mais qu'est-ce qu'on se marre !

Je passe devant eux – mon City Pass dans la poche. Je ne me retourne pas.

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Mercredi 6 février 2008

C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles qui étaient à acheter
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles pour mon porte-monnaie

Passé le mois des bonnes résolutions et des bizouillages de bonne année bonne santé que la prospérité t’oigne de son huile grasse et poisseuse, j’ai décidé de m’acheter une nouvelle femme. La précédente était usée, le témoin de charge clignotait, pulsant son horripilant marrions-nous faisons des enfants achetons une maison. J’ai ouvert ma poubelle d’une pression du gros orteil et je l’ai jetée, empaquetée dans son carton d’origine – elle a atterri au milieu d’une forêt de peau de bananes, de restes de raviolis et de bestioles auto-générées par la pourriture ; au moins elle aura chaud. 

Les moyens me manquent pour me procurer une femme de luxe ; je ne peux que rêver devant les petites annonces promettant Slovènes et Lettones à l’éducation hors paire, ces superbes modèles approchant le mètre soixante-quinze, aux courbes galbées et rompues aussi bien à la fellation douce qu’à la sodomie brutale, et vice-versa, recto-verso.
Je dois me rabattre sur les amours du pauvre, les baises du médiocre – celles laissées aux non-puissants – celles promises par la Mythique Baie. Il y en a pour toutes les envies, pour toutes les bourses, selon que l’on opte pour le pack Newbie, Premium, Silver, Gold ou VIP Platinum.
J’optai pour le Premium, histoire de me mettre un cran – juste un cran – au-dessus de la mêlée. J’appris avec consternation, alors que ma précédente femme débutait sa deuxième semaine de fermentation au milieu de mes déchets, que les deux premières mises en vente étaient gratuites. L’aurais-je su avant que j’en aurais pris un peu plus soin. Je la ressorti néanmoins de son cloaque et lui redonnai quelques couleurs à coups de baffes et de blush – une couche de polish passée à la peau de chamois et hop ! prête pour le prochain pigeon, regardez-moi ce poil lustré, cet oeil vif, cette fesse chaleureuse. 
Cependant, ce n’était pas tant la vente que l’achat qui m’intéressait ; j’avais hâte de trouver un nouveau jouet pour essayer toutes les nouvelles positions découverts sur www.kamasutraonline.fr, notamment la fort prometteuse et tantrique 'fièvre du scorpion' ou celle de 'l’éclosion de l’arbre à fruits' que je n’avais eu l’occasion de pratiquer jusqu’alors, me contentant des plus classiques 'fleur éclatée au printemps' et 'approche sournoise du tigre'.

Je me connectai fébrilement, ma carte bleue posée bien en évidence à côté du clavier, les numéros bien visibles. Je me choisi un nom passe-partout, quoique prétentieux, Kingsize-lover69, puisqu’étant originaire du Rhône, et me mis en quête (quéquette, si t’en as pas t’en achètes) de l’âme-sœur.
C’est très pénible de faire son marché d’âme-sœur. Il y en a tout plein, et on ne sait pas très bien comment choisir. Il faut filtrer : la couleur des cheveux (pas blonde - mais bon s'il reste plus que ça ...), la taille le poids (inversement proportionnel l’un de l’autre, faut faire gaffe), la religion (sans – sinon, c’est un paquet d’emmerdes assuré, mange du poisson, pas touche au porc, tout un tas de conneries pas possibles), le sexe ( ??? what ??? faut choisir ça ? je veux dire, euh, bon, c’est cool, mais, euh… comment dire … euh… je pourrai aussi m’acheter un mec, c’est ça ? ça marche dans les deux sens, vous êtes certains ? ah … bon … c’est cool, d’accord), et tout un tas de petits machins super-customisés, genre si elle préfère Guillaume Musso ou Gustave Flaubert(*), la tarte tatin ou le tiramisu, pleins de filtres super-pointus qui nécessite des mois et des mois d’apprentissage pour les maitriser – un peu comme Photoshop, mais en plus compliqué.

Je fouine et farfouille, je lis leurs messages enflammés (je cherche le prince charmant même si t'es pas prince même si t'es pas charmant, fais-moi rire, prends-moi et surprends- moi, les coups d’une nuit c’est pas la peine, donnez-moi de l’amour de la tendresse des petits chats et des soirées près de la cheminée, moi les psychopathes et les dépressifs à leur maman j’en veux pas – tout un bel éventail d’humanité triste et hurlante) et je pioche, et je sélectionne.
Mais nous sommes souvent plusieurs sur la même – virtuellement parlant ; j’ai dénombré pas loin de 2874 top-flashs pour Lullabywantyou, presque autant pour Mafounette618, mais seulement 12 pour Ragazzalavitaebella (ce qui s’explique par le simple fait qu’elle avait mis une photo et qu’elle n’aurait pas du – d’ailleurs, moi-même, n’ai pas mis de photos, faut pas déconner, j’ai une vie, merde).
Bon, je les rajoute dans la liste des Affaires à Suivre. J’en ai quinze pour le moment – mais je mise petit bras, faut que je me rôde – et puis, c’est chiant, des fois, faut leur parler, prendre contact comme ils disent, j’aime pas ça, j’ai l’impression de faire dans le social.
Je serai averti par email et SMS si les enchères augmentent. J’ai bon espoir de chopper Chipoulalla à un prix pas dégueu.

Faut que je fasse vite, mon abonnement à tarif préférentiel à la Mythique Baie ne dure qu’un mois – après c’est plein pot. Pourvu qu’aucun looser plein de fric à la raie sur le côté me passe devant ; ça me ferait super chier de rater Chipoulalla – parait qu’elle fait des crêpes de folie.
 
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles qui étaient à acheter
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles pour mon porte-monnaie

* le Gus-gus, c’était quand même un gros chaud – quand on voit sa Bovary, quand on lit ses brouillons, ça cartonne pas mal : folio 3 : l’habitude de baiser la rend sensuelle, ou encore folio 10 noyée de foutre, de larmes, de cheveux, de champagne, ou même folio 28 la fout à mort, elle ne l’en aime que mieux. Flaubert Rocks !
publié dans : Humood
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