C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles qui étaient à acheter
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles pour mon porte-monnaie
Passé le mois des bonnes résolutions et des bizouillages de bonne année bonne santé que la prospérité t’oigne de son huile grasse et poisseuse, j’ai décidé de m’acheter une nouvelle femme. La
précédente était usée, le témoin de charge clignotait, pulsant son horripilant marrions-nous faisons des enfants achetons une maison. J’ai ouvert ma poubelle d’une pression du gros orteil et je
l’ai jetée, empaquetée dans son carton d’origine – elle a atterri au milieu d’une forêt de peau de bananes, de restes de raviolis et de bestioles auto-générées par la pourriture ; au moins
elle aura chaud.
Les moyens me manquent pour me procurer une femme de luxe ; je ne peux que rêver devant les petites annonces promettant Slovènes et Lettones à l’éducation hors
paire, ces superbes modèles approchant le mètre soixante-quinze, aux courbes galbées et rompues aussi bien à la fellation douce qu’à la sodomie brutale, et vice-versa, recto-verso.
Je dois me rabattre sur les amours du pauvre, les baises du médiocre – celles laissées aux non-puissants – celles promises par la Mythique Baie. Il y en a pour
toutes les envies, pour toutes les bourses, selon que l’on opte pour le pack Newbie, Premium, Silver, Gold ou VIP Platinum.
J’optai pour le Premium, histoire de me mettre un cran – juste un cran – au-dessus de la mêlée. J’appris avec consternation, alors que ma précédente femme débutait
sa deuxième semaine de fermentation au milieu de mes déchets, que les deux premières mises en vente étaient gratuites. L’aurais-je su avant que j’en aurais pris un peu plus soin. Je la ressorti
néanmoins de son cloaque et lui redonnai quelques couleurs à coups de baffes et de blush – une couche de polish passée à la peau de chamois et hop ! prête pour le prochain pigeon,
regardez-moi ce poil lustré, cet oeil vif, cette fesse chaleureuse.
Cependant, ce n’était pas tant la vente que l’achat qui m’intéressait ; j’avais hâte de trouver un nouveau jouet pour essayer toutes les nouvelles positions
découverts sur www.kamasutraonline.fr, notamment la fort prometteuse et
tantrique 'fièvre du scorpion' ou celle de 'l’éclosion de l’arbre à fruits' que je n’avais eu l’occasion de pratiquer jusqu’alors, me contentant des plus classiques 'fleur éclatée au printemps'
et 'approche sournoise du tigre'.
Je me connectai fébrilement, ma carte bleue posée bien en évidence à côté du clavier, les numéros bien visibles. Je me choisi un nom passe-partout, quoique
prétentieux, Kingsize-lover69, puisqu’étant originaire du Rhône, et me mis en quête (quéquette, si t’en as pas t’en achètes) de l’âme-sœur.
C’est très pénible de faire son marché d’âme-sœur. Il y en a tout plein, et on ne sait pas très bien comment choisir. Il faut filtrer : la couleur des cheveux
(pas blonde - mais bon s'il reste plus que ça ...), la taille le poids (inversement proportionnel l’un de l’autre, faut faire gaffe), la religion (sans – sinon, c’est un paquet d’emmerdes assuré,
mange du poisson, pas touche au porc, tout un tas de conneries pas possibles), le sexe ( ??? what ??? faut choisir ça ? je veux dire, euh, bon, c’est cool, mais, euh… comment dire
… euh… je pourrai aussi m’acheter un mec, c’est ça ? ça marche dans les deux sens, vous êtes certains ? ah … bon … c’est cool, d’accord), et tout un tas de petits machins
super-customisés, genre si elle préfère Guillaume Musso ou Gustave Flaubert(*), la tarte tatin ou le tiramisu, pleins de filtres super-pointus qui nécessite des mois et des mois d’apprentissage
pour les maitriser – un peu comme Photoshop, mais en plus compliqué.
Je fouine et farfouille, je lis leurs messages enflammés (je cherche le prince charmant même si t'es pas prince même si t'es pas charmant, fais-moi rire,
prends-moi et surprends- moi, les coups d’une nuit c’est pas la peine, donnez-moi de l’amour de la tendresse des petits chats et des soirées près de la cheminée, moi les psychopathes et les
dépressifs à leur maman j’en veux pas – tout un bel éventail d’humanité triste et hurlante) et je pioche, et je sélectionne.
Mais nous sommes souvent plusieurs sur la même – virtuellement parlant ; j’ai dénombré pas loin de 2874 top-flashs pour Lullabywantyou, presque autant pour
Mafounette618, mais seulement 12 pour Ragazzalavitaebella (ce qui s’explique par le simple fait qu’elle avait mis une photo et qu’elle n’aurait pas du – d’ailleurs, moi-même, n’ai pas mis de
photos, faut pas déconner, j’ai une vie, merde).
Bon, je les rajoute dans la liste des Affaires à Suivre. J’en ai quinze pour le moment – mais je mise petit bras, faut que je me rôde – et puis, c’est chiant, des
fois, faut leur parler, prendre contact comme ils disent, j’aime pas ça, j’ai l’impression de faire dans le social.
Je serai averti par email et SMS si les enchères augmentent. J’ai bon espoir de chopper Chipoulalla à un prix pas dégueu.
Faut que je fasse vite, mon abonnement à tarif préférentiel à la Mythique Baie ne dure qu’un mois – après c’est plein pot. Pourvu qu’aucun looser plein de fric à la
raie sur le côté me passe devant ; ça me ferait super chier de rater Chipoulalla – parait qu’elle fait des crêpes de folie.
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles qui étaient à acheter
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles pour mon porte-monnaie
* le Gus-gus, c’était quand même un gros chaud – quand on voit sa Bovary, quand on lit ses brouillons, ça cartonne pas mal : folio 3 : l’habitude
de baiser la rend sensuelle, ou encore folio 10 noyée de foutre, de larmes, de cheveux, de champagne, ou même folio 28 la fout à mort, elle ne l’en aime que mieux. Flaubert
Rocks !