Scribouillographie

Bomberman must die !
Le Chalutier gelé
Rêveurs - Unissez !
Truelle, Pelle et Sébastian
Papy Martin 
KK ds ma couch
Le fils du Héros
Répétition

Work in Progress
La Romance de Fandango
Simulation Vague 1
Tombe le ciel - Roman

Rewriting
Valdemar 2.0
La Ligue des Faiseurs de Bière

Development Hell
Exit Irae - roman

Catégories

Profil

  • : L. Dix-Six
  • el-dix-six

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Vendredi 30 mai 2008

Il y a des jours dans la vie où il faut tenter des trucs casse-gueule, ne plus avoir peur de passer pour un gros naze et s'assumer à donf. C'est un de ces jours.
Ce soir, vous allez avoir droit à la version audio de la nouvelle Rêveurs - Unissez !, prévue pour l'Antho de Roland C. Wagner dont j'ai déjà parlé dans un ou plusieurs articles précédents. Je trouvai que c'était une nouvelle qui pouvait avoir une certaine sonorité, qui pouvait aisément passer le test de l'oral, que l'on pouvait même déclamer assez facilement.
Ca, c'était ce que je pensais avant de me poser devant mon micro. Ce que je pensais avant de faire 50 prises, butant toujours sur un putain de mot traitre, niquant mes liaisons, me vautrant sur une intonation. Ce que je pensais avant de me rappeller que bordel, acteur c'est un métier et ça s'apprend pas en deux secondes.

Donc, j'en ai bien chié. Tellement que, infoutu de lire sans erreur la totalité du texte (5 pauvres pages), j'ai préféré le scinder en deux parties. De cette façon, j'avais un checkpoint, et j'étais pas obligé de tout me retaper depuis le début.

Edit du 8 juin : grâce soit rendue à celmakie qui m'a fait connaitre un super logiciel de tripatouillage de sons, Audacity. J'ai pu triturer mes fichiers son, les coller ensemble, faire des compressions, virer des bruits de respirations, mettre un gros effet de reverb sur le UNITE, etc, and so on, und so weiter.
Et comme j'en avais marre de quick time, j'ai mis le dewplayer.
Enjoy.

 

publié dans : Nouvelles
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mercredi 28 mai 2008

Aujourd'hui, il s'agit de présenter le début de la nouvelle Bomberman must die ! que je prépare pour l'Anthologie du Cafard Cosmique. A mesure que la nouvelle avancera (et que je serai content du résultat), l'extrait enflera jusqu'à atteindre sa taille adulte. Pour le moment, seul la première page est lisible - le reste est bien rangé sur mon disque dur, à l'état de brouillon : je le revois un peu chaque soir, raturant une phrase, ajoutant un paragraphe, en virant deux, posant une injure qui sonne bien, me traitant de grosse feignasse, de gros naze incapable d'aligner deux mots, revoyant ma copie un verre d'Adelscott à portée de main.
Ca avance tout doucement.
Alors qu'elle devrait être super facile à écrire (j'ai le début, le milieu, la fin, ainsi que tous les liants), j'en chie grave ma race, comme si je n'arrivais pas à trouver le ton juste, le rythme. Ca me gonfle. Vivement que je la termine pour retourner à autre chose... si ça continue trop longtemps, elle va finir par me sortir par les narines cette putain de nouvelle.
Ah oui, j'oubliais un truc : le thème de l'Antho est Saloperie (me demandez pas pourquoi, c'est comme ça) ; en conséquence de quoi, mon texte est assez punk, oscillant péniblement entre le trash adolescent et le ridicule achevé. M'en fous, je suis jeune (j'y crois encore) et je vous emmerde.

L'extrait :  Bomberman must die - extrait

Lâche ton com', hey you, motherfucker ! 

Edit du 11/06/08 : plutôt que vous emmerder à lire l'extrait, je vous invite (mais comptez pas sur moi pour payer l'apéro) à consulter la vesion quasi-finale.

publié dans : Nouvelles
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 15 mai 2008

Aujourd'hui, je ne suis pas réellement inspiré. Je n'ai pas la motivation pour écrire un texte plein de sens, d'humour, ce genre de conneries. J'ai donc décidé de donner des recettes de cocktail. Que tout le monde connait, évidemment, mais c'est comme ça. Je l'ai dit : aujourd'hui, pas envie de me casser le tronc.

Le Kahlua, donc.
C'est bon, c'est une liqueur, c'est fait avec du café.

Episode Un : il y a quelques années, sortait The Big Lebowski, le  film le plus cool de toute l'histoire du cinéma, film dans lequel on voyait notre bon vieux Dude (l'exceeeeelllent Jeff Bridges) se trimballer en permanence avec un verre de cocktail à la main. Le fameux White Russian. 1/3 Vodka, 1/3 Kahlua, 1/3 Lait.
Qu'est ce que j'ai pu en boire de cette merde ! A m'en rendre malade, jusqu'à vomir partout et tomber amoureux de la moindre jupette.
Je vous le conseille. Ca se boit sans soif, comme du petit lait.

Episode Deux : il y a une semaine de cela, je regardais la série Californication (avec Fox Mulder, version j'ai une bite et je m'en sers, il était temps). Et dans un épisode, you-ouh!, un personnage sort une bouteille de Kahlua pour s'en verser une lichette dans son café. Et ouais, le truc super con : verser de la liqueur de café dans du café, le truc de malade...
Je n'y aurais jamais pensé tellement c'était évident.
(C'est même tellement évident que la recette est marqué sur l'étiquette. Mais je lis jamais les étiquettes, c'est dommage, on y apprend plein de choses). Donc : 2/3 café, 1/3 Kahlua.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Enjoy !


Et ... euh ... sinon, bah ... pour un appel à texte sur mai 68 j'ai proposé un truc à Roland C. Wagner, qui m'a répondu que mon texte était bon, trash, super impeccable mais que quand même peut-être faudrait revoir un ou deux machins. J'ai sauté de joie, j'ai dansé une gigue, je me suis fait pipi dessus, et j'ai fêté ça en me torchant la gueule (1/3 Vodka, 1/3 Kahlua, 1/3 Lait). Ca s'appelle Rêveurs - Unissez !, peut-être bientôt sur Radio-Labocriture.

Et puis un autre pour un Appel à Texte du Navire en pleine ville, un éditeur jeunesse plutôt sympathique : Le Chalutier Gelé, qui raconte l'histoire d'un chalutier (ah bon?) transformé en glaçon (ah bon ?). Comme c'est pour la jeunesse, j'ai mis un bout de sein. Je l'ai fait lire avant de l'envoyer : on m'a dit 'on dirait du Brussolo'. Ce qui m'a à la fois fait plaisir (parce que Brussolo, fut un temps, c'était quand même du putain de bon délire) et à la fois pas plaisir (parce que merde, faudrait quand même que j'arrive à developper mon propre style, non?).

Et puis aussi : je suis en train de rédiger une nouvelle pour l'Appel à texte de Riviere Blanche sur l'Epopée de Cal de Ter. Bah oui, hein, j'ai participé au Retour, y'a pas de raison que je ne sois pas de l'aventure pour l'Epopée. Ca s'appelera quelque chose comme Sous vos yeux ébahis, ou alors La Romance de Fandango, je sais pas encore. Dedans, il y aura du théatre, de la mise en scène, des épées, des pistolets et pleins d'effets spéciaux. Mais pas de bout de seins, j'ai pas envie (ou alors, si, peut-être un téton, on verra).

 

publié dans : Humood
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mercredi 7 mai 2008

Petite nouveauté sur le Labocriture : "et maintenant, il parle!"

Comme mes petits Pépins perdants ont eu l'heur de vous plaire, je me suis dit que ça pourrait être marrant de les mettre en bouche, de les rendre un peu plus vivants. J'ai donc pris le mike, et j'en ai sélectionné deux : prenez et écoutez tous, ceci est mon sang livré pour vous.

J'en ai profité pour régler quelques problèmes (répétitions, accord des temps), notament pour 300 :



Et pour les enfants (ainsi que pour les rares élus qui l'ont compris), Smarties :



publié dans : Nouvelles
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mardi 6 mai 2008

Hélas, Philip K. Dick n'est plus,
Dieu va prendre mon pied au cul.
             (Michael Bishop - Requiem pour Philip K. Dick)


Une anthologie que tous les fans de SF en général et de PKD en particulier attendaient depuis des lustres.

Sans PKD, il est probable que je n'aurais jamais écrit de SF (une de mes premières nouvelles, Homo Lobotomus, restée bien cachée dans un tiroir car terriblement mauvaise, a été inspirée à 100% par la thématique dickienne - des mecs qui se font vider volontairement le cerveau pour ne plus avoir de sentiments parce que ça fait trop mal), il est certain que je n'aurais pas tanné mes parents pour qu'ils m'offrent les Omnibus du Maître, que je n'aurais jamais pris à partie ma prof de philo dans une dissertation en lui soutenant mordicus que j'étais dieu, qu'elle n'était que le produit de mon imagination et qu'elle pouvait bien me mettre un zéro pointé je m'en foutais parce que je me rattraperai avec un 16 en math et un 18 en physique.
Ouais, PKD est le Maitre absolu de la SF, c'est un lieu commun que de le dire. Tant pis, s'il faut le répéter, je le ferais.
Et pis c'est tout.
Richard Comballot (anthologiste de grande qualité) a réuni une palanquée de nouvelles rendant hommage à Phil, toutes écrites par des auteurs francophones (Barbéri, Bellagamba, Curval, Heliot, Mauméjan, Walther et plein d'autres). N'ayons pas peur des mots : c'est l'évenement SF du mois.

Et c'est chez Rivière Blanche.

PKD c'est bon, mangez-en.
Même réchauffé.

publié dans : Humood
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Vendredi 25 avril 2008

Les résultats des Pépins 2008 sont tombés : les gagnants sont ici.
Je n'ai pas gagné. Bon.
Le prix du public n'est pas encore attribué : vous pouvez voter .
Je ne suis pas non plus dans la short-list. Bon.
Ce qui signifie en clair que sur un total de 450 textes (environ, hein), aucun de mes 6 textes ne se retrouve dans les 40 premiers. Je fais donc partie des 90% de bouses. Bon.

C'est la vie.

Ce qui signifie que je peux les mettre en ligne sur mon site - eh ouais !
C'est cool.

Mais je ne mettrai pas les six, pour la simple et bonne raison qu'il y en a deux qui sont franchement mauvais (et si je le dis, c'est qu'ils sont vraiment mauvais). Les autres, je les aime bien - tant pis pour vous.


Nanorchideus
Lorsque Nano le petit robot switcha ses circuits on, il computa que quelque chose était system-error. Orchideus se dressa devant lui et, le saisissant à pleine main, rigola. Exactement ce qu'il me manquait pour réparer les chiottes, dit-il.


Smarties
Ver, je sors de mon trou. J'ai faim. Un bonbon rond et rouge flotte à portée. Je croque, ça craque. Miam. Bon. Puis un bleu, un peu salé. Un marron, tout sec. Il y en a un gros. Jaune. Trop chaud celui-là, je manque me brûler!
Il y en a encore plein. Partout.
Et j'ai encore très faim.


Sauvez nos âmes
Un vaisseau navigue entre les étoiles. Sa coque résonne de mille cris. Au secours. J'ai peur. Aidez-nous. Avarie sérieuse. Oxygène 20%. S'il vous plait. Mayday. Oxygène 19%, en chute.
Pas le temps. Qu'ils se démerdent.
J'ai rendez-vous avec Orion.
Et je suis en retard.


300
Nous étions 300 dans le défilé, 300 pour accueillir les vils Praths venus pour nous envahir. Ils sont des milliers. Ils n'ont aucun droit.
300 nous fûmes, 300 nous sommes, 300 cents nous resterons. Leurs arcs, glaives et boucliers ne nous impressionnent guère. Nos thermiques lourds les faucheront.


publié dans : Nouvelles
ajouter un commentaire commentaires (10)    recommander
Dimanche 13 avril 2008

Le samedi est traditionnellement le jour des petites emplettes. Le matin, marché et/ou Carrefour/Auchan/Leclerc, et l'après-midi, tour en centre-ville pour acheter des choses inutiles et dépenser ses sous gagnés à se faire chier 8 heures par jour derrière un bureau ou une machine-outil.
J'avais oublié.
Qu'il y avait des gens dehors.
J'avais prévu de passer un week-end studieux. Un week-end peuplé uniquement du tapoti de mes doigts sur les touches du clavier, et de la longue ribambelle de mots fleurissant sur mon écran d'ordinateur. En fond sonore, j'avais prévu du Vivaldi (j'ai des gouts populaires) ou du Nightwish (j'ai aussi des gouts vulgaires). Il me reste quinze jours pour terminer une nouvelle sur l'histoire d'un bateau de glace dont j'ai le plan complet mais pas une seule ligne écrite (il s'agit là d'un démarquage du 'Rime of the Ancient Mariner' de S.T.Coleridge, je suppose que la chanson d'Iron Maiden y est pour quelque chose).

 

 

 



















Mais j'avais besoin de pain pour le petit déjeuner. Donc je suis descendu en chercher. Je suis entré dans la boulangerie, et j'ai demandé une flute florentine ; la jeune boulangère m'a donné une baguette florentine. J'ai dit : « excusez-moi, mais j'ai demandé une flute. » « Pardon. » « C'est pas grave. » « Ca fait un euro dix. » « Voilà. » « Au revoir. » « Au revoir. »

Il était 8 heures et demi du matin.

J'ai pris mon petit déjeuner et j'ai écrit la moitié du premier jet. J'étais content, alors j'ai décidé de lire un livre ('Descente aux Enfers', de David Goodis – excellent) puis de faire une sieste.
A deux heures, j'ai eu envie d'un café.
J'ai donc décidé de descendre en ville pour m'acheter une machine Nespresso (oui, je suis une fashion victim). J'étais content tout le long de la descente de la colline : les gens souriaient, se tenaient par la main, se faisaient des bisous, quelques gamins trainaient ici et là, jouant au ballon, en riant et en s'insultant. La vie, quoi – belle. Puis je suis arrivé sur la place des Terreaux – un gros con bouffi de suffisance en Lamborghini se la jouait grave, lunettes de mouche fumées sur le front, quelques pétasses sur-habillées, sur-maquillées de dix-sept ans mâchaient du chewing gum, fumaient et tortillaient du cul. Je venais de pénétrer dans un autre monde.

Je décidai de faire une pause avant d'aller acheter ma machine à café : j'allais chez mon bouquiniste préféré, rue d'Algérie, le fameux Temps Livres. Je rentre dans la boutique, je dis bonjour, et je me dirige vers le rayon SF, fantastique, polar. Au bout de cinq minutes, le bouquiniste me lance : « si vous avez besoin d'un renseignement, n'hésitez pas ». Je sens le gars qui se fait un peu chier quand même, et qui taillerait bien le bout de gras. Sauf que je sais pas de quoi parler – tout n'est que vacuité, donc je réponds « je n'hésiterais pas, je n'hésiterais pas ». Je continue ma fouille, je récupère un King, un Card, un Egan, un Jouanne, un Brussolo (tous d'occase) et un Jess Kaan (Réfractaires – Temps Livre étant un distributeur officiel d'Eons). Je vais vers le comptoir et je dis « Et voilà. Tout ça » en posant ma pile.
(Mais, t'es trop con, mon pauvre Laurent, t'es vraiment trop con, c'est pas possible).

Il me répond un truc du genre « Ah, oui, mais c'est pas le nombre qui est important – et puis si vous voulez pas d'aide, vous voulez pas d'aide, c'est pas grave ». Je pourrais lui répondre que « merci, ça va, rayon SF et genres, je me démerde pas mal, que je suis plutôt connaisseur, tout ça, tout ça », mais je dis juste « Oui, mais non, en fait, je suis pas bavard ». En gros, je ferme la porte à toute discussion. Je suis un gros con. Mais merde ! Le gars, je le connais pas, je vais quand même pas lui raconter ma vie, si ?
(Vous allez me dire que je le fais bien ici – mais ici, c'est chez moi, c'est un peu comme si je me parlais tout seul – et je n'oblige personne à me lire. Des fois je parle tout seul, c'est vrai, dans ma salle de bains, ou dans la rue – les gens me trouvent bizarre, surtout quand je secoue la tête ou que je fais des grimaces)
Je paye (25 euros pour 6 bouquins) et je m'en vais en lançant un « la prochaine fois, je serais peut-être plus bavard ». Le bouquiniste rigole, l'air presque gêné d'avoir affaire à un tel demeuré. Je le comprends, je serais gêné moi aussi.

Je vais acheter ma machine à Nes. C'est pas loin, c'est place de la Bourse, à cinq minutes à pied. J'entre dans la boutique (un grand black, bien fringué, souriant, classe, m'ouvre la porte – il me dit bonjour monsieur, je lui réponds, bonjour, merci et je me pose la question 'mais putain, pourquoi, c'est toujours des blacks les portiers ? Pourquoi, on les utilise toujours comme des boys ? C'est ça le XXIème siècle ? Et puis je décide d'arrêter de me poser des questions). Il y a un peu de monde, j'ai envie de partir. Mais j'ai aussi envie de café. Donc je tourne en rond, oscillant entre mes deux envies. Je me décide à faire la queue. J'attends depuis une bonne minute lorsque je vois deux nanas qui me passent devant (genre 6ème arrondissement, bien fringuées, Dior, Chanel ou je sais pas quoi – alors que je fais pouilleux avec mon jean sale, mon T-Shirt grisâtre, mes baskets défraichies et mon manteau qui a connu beaucoup trop d'hivers). Du coin de l'oreille, en parallèle, j'entends une voix de femme dire 'allez-y mesdames, faites la queue ici'. Je me retourne, pour dire quelque chose comme 'eh oh, j'existe, je suis là, je faisais déjà la queue' : je croise le regard d'une jeune femme chargée d'orienter la clientèle (apparemment lorsque je suis entré dans la boutique elle ne m'a pas vu, ou elle en avait rien à foutre, se disant que je venais simplement regarder et que je n'avais pas le look a dépenser de la thune pour une machine à café – que j'étais juste de la merde, que, si ça se trouvait, je gagnais tout juste le SMIC, comme elle). Elle doit voir mon regard pas content (mais quand je suis pas content, même en fronçant les sourcils, je fais pas peur – c'est comme ça, c'est la vie) et elle me dit – avec un ton d'une condescendance insupportable 'monsieur, si vous voulez bien passer derrière ces dames, elles font la queue depuis plus longtemps que vous'. Je dirais bien que non, que j'avais bien vérifié avant de prendre mon tour dans la queue que je ne coupais le passage à personne, que je n'agissais pas comme un malotru (après tout, on est pas dans un quick ou un McDo, les gens se comportent en êtres civilisés). Je dis juste 'd'accord'. Puis la colère gronde en moi, car je sens qu'il y a là comme un injustice à l'oeuvre et que décidément, ce n'est pas ma journée. Donc je répète 'd'accord', en y ajoutant une légère inflexion de menace (je m'imagine le Terminator disant 'I'll be back') et je me casse de cette boutique de merde (place de la Bourse, dans le 2ème arrondissement à Lyon – je leur fais de la pub, c'est ma petite vengeance mesquine). Le grand black m'ouvre la porte, toujours souriant. Il est cool.

Conséquence : je vais à l'autre boutique Nespresso (encore à cinq minutes à pied – place des Jacobins). Parce que j'ai toujours envie de café – et que je vais pas me laisser emmerder par une pétasse obséquieuse.
J'entre dans la boutique – encore une fois, je suis invisible (faut vraiment que je pense à me débarrasser de cette cape elfique, autrefois offerte par dame Galadriel). Je me dirige vers la réplique parfaite de l'autre oriente-file (j'ai compris le truc, faut tout de suite faire sentir que tu vas dépenser du cash – après tout, c'est la règle dans notre société de consommation, non ?) et je lui dis 'bonjour, je veux acheter une machine'. Elle me sourit (genre purement artificiel – elle n'en a strictement rien à foutre de moi) et nous choisissons ensemble une machine. Je prends la moins chère. Elle me dit : 'faites la queue ici, je vais vous chercher la machine'.

Elle va me chercher la machine.
Je fais la queue.

Derrière le comptoir, deux jeunes femmes, très jolies (à mon avis, le mec qui fait le casting doit se faire plaisir – pas une seule vendeuse moche – ça pue la discrimination).
Vient mon tour (la machine a été déposée derrière le comptoir). Il y a du bruit derrière moi, des gens qui font la queue et qui me collent au cul ; j'ai soudainement envie de me reculer pour leur mettre mon sac à dos dans les dents – donnez moi de l'air, bande de cons.
Ma vendeuse est superbe. Évidemment, il est possible que mon jugement soit erroné : ma misère affective actuelle est telle que je tombe amoureux de tout ce qui bouge et qui a des jolis yeux. Elle a de jolis yeux noisettes.
Quand elle me parle, on dirait qu'elle récite une leçon – ça m'énerve un peu, mais ça va, je pardonne, ça doit quand même être un sale boulot que de répéter cent fois la même chose. Je dis 'ouais, ouais'. Je voudrais dire un truc spirituel, être rigolo, qu'elle se souvienne trente secondes de moi ce soir en prenant le métro pour rentrer chez elle, mais tout ce que je trouve à dire c'est une connerie du genre 'putain, en tout cas, je reviendrai pas un samedi'. J'ai droit à un sourire factice – elle sait que j'ai tenté d'être amusant, mais ses yeux hurlent 'pauvre type, j'aimerais beaucoup que tu débarrasses mon comptoir'. Ouais, moi aussi à ta place, j'aimerais beaucoup que je débarrasse mon comptoir.
Looser.

Je ne me sens pas bien ; il fait chaud, il y a du monde, trop de bruit. Je ne pense qu'à une chose, c'est me barrer de là. Je réponds 'oui', je réponds 'non' à ses questions, sans vraiment les écouter – abrège, bordel, fini ton speech, présente moi la facture, qu'on en termine. Dans d'autres circonstances, j'aimerais bien discuter un peu plus longtemps avec elle, lui monter que, finalement, je ne suis pas plus con qu'un autre, qu'on pourrait presque se trouver des points communs, mais on ne change pas le décor d'un coup de baguette magique, non, ça ne marche pas comme ça mon garçon.
Je sors ma carte bleue. Je pincode. Je prends mes affaires et je rentre chez moi. Elle me dit 'bon week-end', elle ne le pense pas. Je lui réponds 'bon week-end', je m'en fous, je ne la reverrai pas.

C'est moyennement lourd, mais il y a du chemin : en plus c'est samedi après-midi, c'est la rue de la République, y'a du monde partout, c'est l'enfer. Donc, je râle, je peste – je joue le parfait asocial. Et puis, il fait trop chaud : je sue, je pue. J'en ai marre.

Je rentre chez moi.
Je branche la machine.
Je me fais un expresso – volluto. C'est bon. J'en prends un autre. Je suis bien. J'ouvre un livre – 'L'arc en ciel de la Gravité' de Pynchon, je kiffe.


Demain, je reste chez moi. Je ne sors pas.
Plein le cul des gens.

publié dans : Humood
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Vendredi 4 avril 2008

Vous l'aurez peut-être noté : j'ai changé la bannière de mon p'tit blog - histoire de le dépoussiérer un peu. En réalité, cela fait un peu plus d'une semaine que le changement est visible, mais, jusqu'à présent, la définition était pour le moins pourrave : ça pixellisait à mort, c'était tout moche, tout baveux. Du haut de mon terrible mépris pour la chose informatique, j'en tenais naturellement Overblog pour responsable, foutriquet incapable de me fournir les outils adéquats.
Une fois n'est pas coutume, j'étais dans l'erreur. Il suffisait, semble t'il, de flinguer mon pare-feu et de dimensionner correctement mon jpeg de merde. Il m'aura donc fallut près de 10 jours pour le comprendre et arriver à faire flotter haut - et avec fierté -  ma si sombre bannière.
D'aucuns diront qu'elle est trop volumineuse et que j'aurais pu agencer le tout avec plus d'harmonie. D'aucuns auront raison. Cependant, à l'heure actuelle, ces détails de finition me gonflent et je remets au lendemain (disons plusieurs mois) le re-design du biniou : c'est probablement super fun de jouer pendant des plombes avec les calques et les masques de fusion de Toshop, mais là, juste là, j'en ai marre. Donc, terminé, fini de jouer avec les images. Je retourne jouer avec les mots ; j'ai un max de pain sur la planche, et j'avance comme une limace.
A la prochaine pour de plus amples informations sur le work in progress de Escape from Paris (titre non arrêté - j'hésite entre ce dernier et Exit Irae ou Simplement Sortir).

publié dans : Humood
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 22 mars 2008

L'année dernière a été une super année (je vous en faisait récemment part dans mes fielleux Labocriture – Bilan 2007), bien mieux que l'année précédente par exemple. J'ai pas été largué par la femme de ma vie, j'ai pas démissionné deux fois, ni déménagé (deux fois aussi) à plus de cinq cent bornes(*).
J'ai même été publié – sans compter que j'ai repris goût à la pizza. Et à la bière. Et au sexe. Et à la douche quotidienne.
Ce qui me vaut (avoir été publié – pas le reste) de me retrouver dans la liste initiale pour le Prix Rosny Ainé, catégorie nouvelle.

Oui, je sais, ça n'a rien d'exceptionnel puisque dans la liste initiale, on retrouve toutes les nouvelles publiées dans l'année (en cherchant bien, on en retrouve même qui n'ont pas encore été publiées – c'est ça la SF, y'a des time-warps, c'est cool).
Alors, oui, d'accord, c'est facile, mais comme je ferai p'têt que ça dans ma vie, ça mérite un billet sur mon blog, entre deux vomissures. Je suis chez moi, j'écris ce que je veux, et je laisse dégouliner mon égo sur vos gueules si je veux.
Bordel.

Tout le monde peut voter pour le premier tour. Même moi. Même toi, même vous. C'est beau la démocratie – ça permet aux cons de s'exprimer (et ils le font – les cons!!!).
(Pour le second tour, c'est plus compliqué, faut être inscrit à la 35ème convention de la SF, faut payer, faire partie du gratin, avoir des amis, c'est compliqué, c'est chiant).

Je pourrais donc voter pour moi si je voulais.
Mais j'ai pas envie.
Et comme je n'ai pas lu 5% de toutes les nouvelles qui sont listées (pour les romans, c'est pareil), par décence, je ne voterai pas du tout.
Mais si vous voulez voter pour moi, allez-y, faites-vous plaisir.

* Cela étant, ces déménagements-démissions multiples ont eu une double effet kiss-cool assez saugrenu : France-Telecom me facture toujours à une adresse où je n'habite plus depuis plus d'un an, et j'ai appris aujourdh'ui que j'étais 'Inconnu des fichiers de la Sécurité Sociale'. Putain, si ça se trouve, je suis mort et je le sais pas encore. C'est fun.

publié dans : Nouvelles
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Vendredi 21 mars 2008
publié dans : Placardo Blouze
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 1 mars 2008
Placardeau-Blues-30.jpg
publié dans : Placardo Blouze
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Vendredi 29 février 2008

Yeaaaaaah ! J'y suis arrivé ! Encore une fois !
J'ai réussi à terminer ma nouvelle Truelle, Pelle et Sébastian dans les temps. Mais tout juste, comme de bien entendu. La date limite d'envoi était le 29 février, et nous sommes ... yes, vous avez compris, le 29 février ! J'ai envoyé ma nouvelle à 20h50 - c'est cool, j'avais encore plein de temps devant moi, un tout petit peu plus de 3 heures.
Total success !

Truelle, Pelle et Sébastian, donc : pour l'AT des 
Trois Souhaits, la maison d'édition du super site ActuSF, où je trolle parfois assez vilement sur le forum. Bouh...
Pourquoi ce titre ? 
Parce que.
Parce que je raconte l'histoire de deux fées (Pelle et Truelle) et d'un pauv' gars Sébastian. Et aussi parce que 'Pelle et Sébastian', ça me faisait salement rigoler. 
Et j'aime rigoler.

Mais ce n'est pas tout ! 
Eh non !
Le Lolo ne s'est pas arrêté là, que nenni ! Il a aussi participé aux
Pépins 2008.
Le concept me paraissait étrange au départ : comment ça, écrire des textes de moins de 300 caractères ? C'est possible ça ? En racontant une histoire ? Bah, merde alors.
Je n'y croyais pas. Ergo, j'ai essayé.
Et j'ai trouvé ça super rigolo.
(J'aime rigoler, bordel, c'est si dur que ça à comprendre ?)

Ca donne des trucs comme ce qui suit :

Dune
Dame Jessica accoucha d'un fils. Ce n'était pas du goût des sœurs du Bene Gesserit  qui lui avaient commandé une fille.
Les épices, c'est bon, mais ça rend con. Pour des clous de girofle, le royaume fut perdu.

Le Seigneur des Anneaux
Lorsque Gandalf vint demander à Frodon le Hobbit de jeter l'Anneau Unique dans le Mont du Destin, ce dernier commanda un pigeon voyageur et une pizza 4 fromages. Le pigeon alla jeter l'Anneau, finit par se suicider ; le monde fut sauvé.
Frodon mourut de botulisme.

Ceci, pour les classiques.
Pour de l'original, y'a ça :

Cacahuète-Bowl – Curlys vs Grillées-salées de Balsen
Deux équipes se font face, prêtes à en découdre. L'une compacte, les Grillées-salées, l'autre plus vaporeuse, l'équipe des Curlys.
Elles en veulent – elles ne lâcheront rien.
D'une main vive, je les saisis et les dévore. Et lampe une gorgée de bière.

publié dans : Nouvelles
ajouter un commentaire commentaires (9)    recommander
Vendredi 22 février 2008

TCL-copie-1.JPGLyon-Villeurbanne ; station de métro Charpennes. Un matin de février. A l'extérieur le soleil brille, aucun nuage à l'horizon. A l'intérieur, une descente de contrôleurs des TCL est en cours. Toutes les issues sont bloquées ; pour atteindre le soleil et l'air frais, il faudra présenter laisser-passer, faire un sourire, dire merci et bonne journée.
Je ne crains rien – j'ai mon City Pass, les 44,80 Euros sont prélevés automatiquement chaque mois sur mon compte BNP-Paribas, jusqu'à ce que mort s'en suive, jusqu'à ce que je dise halte, non merci, j'en ai marre, je prends un Vélo'V.

Je passe dans le souterrain, pour récupérer ma correspondance, ligne B, direction Gerland, ce soir l'OL va faire match nul contre Manchester.
Un cowboy contrôleur d'un mètre quatre-vingt dix toise les passagers d'un air goguenard, la chevelure impeccable, la veste TCL protection-accueil-sécurité-contrôle tombant droit. Il jubile.
Face à lui, à un ou deux mètres, pas encore à distance de contact, un couple d'immigrés – roumains ou turques probablement – figés, comme statufiés. A voir leur mine défaite, leurs regards apeurés de lapins pris au piège dans leur terrier, ils n'ont pas de titre de transport. Non plus que de titre de séjour, ou de beaux billets neufs et craquant dans leur portefeuille – peut-être trimballent-ils une petite paire d'euros au fond de leurs poches, en pièce rouges, de un ou deux centimes, glanées de rame en rame à l'aide de leur gimmick ânonné en mauvais français 'siouplé, si pour mangé, siouplé, j'ai faim, m'sieur dames'. Peut-être. Pour un bout de pain et trois tomates.

Mais notre cowboy, fort de son SMIC, sait qu'il tient là ses prochaines victimes. Il est la loi, il est l'ordre, et il va nettoyer cette racaille étrangère, la foutre dehors même avec un peu de chance, emballez-moi ces traine-savates bons à rien qu'à mendier, c'est à cause d'eux si on n'a pas de travail, que tout fout le camp, allez, ouste, du balai, et un charter pour Bucarest-Ankara, un !
Ils ne bougent plus. Ils sont tétanisés. Quels rêves déçus, quels hurlements passent dans leur tête à cet instant ? Ils sont perdus cinq mètres sous terre - la Terre Promise est devenue traquenard, ils ont froid en permanence, ils sont sales, en guenilles. Ils n'ont plus d'échappatoire, plus de maison, plus rien – sinon la peur, infernale, irréductible.

TCL cowboy rigole.
- Bonnie and Clyde, dit-il.
Il a de la culture, il connait Gainsbourg. Et ce soir, il regardera OL-Manchester, un pack de Kro à ses pieds. Il est heureux.
Il précise, en allongeant les voyelles :
- Bonnie Paaaaarker et Clyde Barrooooooow.

Son collègue est hilare. Ah, oui, ça va être sympa de se les faire ces deux là. Et s'ils résistent, pas de soucis, la loi, la vraie, n'est pas très loin, de grands, de beaux CRS aux uniformes impeccables – prêts à mettre des coups de bottes ou de tonfa. C'est fun, ouais, on va casser de l'étranger, on va briser du pas-bienvenu chez nous. Après on ira à Bellecour – y'a plein de clodos aussi, mais eux ça va, ils sont français. En même temps, bon, ça nous empêchera pas de bien les faire chier, hein? Faut qu'on rigole un peu, merde – on est pas bien payés, mais qu'est-ce qu'on se marre !

Je passe devant eux – mon City Pass dans la poche. Je ne me retourne pas.

publié dans : Humood
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 6 février 2008

C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles qui étaient à acheter
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles pour mon porte-monnaie

Passé le mois des bonnes résolutions et des bizouillages de bonne année bonne santé que la prospérité t’oigne de son huile grasse et poisseuse, j’ai décidé de m’acheter une nouvelle femme. La précédente était usée, le témoin de charge clignotait, pulsant son horripilant marrions-nous faisons des enfants achetons une maison. J’ai ouvert ma poubelle d’une pression du gros orteil et je l’ai jetée, empaquetée dans son carton d’origine – elle a atterri au milieu d’une forêt de peau de bananes, de restes de raviolis et de bestioles auto-générées par la pourriture ; au moins elle aura chaud. 

Les moyens me manquent pour me procurer une femme de luxe ; je ne peux que rêver devant les petites annonces promettant Slovènes et Lettones à l’éducation hors paire, ces superbes modèles approchant le mètre soixante-quinze, aux courbes galbées et rompues aussi bien à la fellation douce qu’à la sodomie brutale, et vice-versa, recto-verso.
Je dois me rabattre sur les amours du pauvre, les baises du médiocre – celles laissées aux non-puissants – celles promises par la Mythique Baie. Il y en a pour toutes les envies, pour toutes les bourses, selon que l’on opte pour le pack Newbie, Premium, Silver, Gold ou VIP Platinum.
J’optai pour le Premium, histoire de me mettre un cran – juste un cran – au-dessus de la mêlée. J’appris avec consternation, alors que ma précédente femme débutait sa deuxième semaine de fermentation au milieu de mes déchets, que les deux premières mises en vente étaient gratuites. L’aurais-je su avant que j’en aurais pris un peu plus soin. Je la ressorti néanmoins de son cloaque et lui redonnai quelques couleurs à coups de baffes et de blush – une couche de polish passée à la peau de chamois et hop ! prête pour le prochain pigeon, regardez-moi ce poil lustré, cet oeil vif, cette fesse chaleureuse. 
Cependant, ce n’était pas tant la vente que l’achat qui m’intéressait ; j’avais hâte de trouver un nouveau jouet pour essayer toutes les nouvelles positions découverts sur www.kamasutraonline.fr, notamment la fort prometteuse et tantrique 'fièvre du scorpion' ou celle de 'l’éclosion de l’arbre à fruits' que je n’avais eu l’occasion de pratiquer jusqu’alors, me contentant des plus classiques 'fleur éclatée au printemps' et 'approche sournoise du tigre'.

Je me connectai fébrilement, ma carte bleue posée bien en évidence à côté du clavier, les numéros bien visibles. Je me choisi un nom passe-partout, quoique prétentieux, Kingsize-lover69, puisqu’étant originaire du Rhône, et me mis en quête (quéquette, si t’en as pas t’en achètes) de l’âme-sœur.
C’est très pénible de faire son marché d’âme-sœur. Il y en a tout plein, et on ne sait pas très bien comment choisir. Il faut filtrer : la couleur des cheveux (pas blonde - mais bon s'il reste plus que ça ...), la taille le poids (inversement proportionnel l’un de l’autre, faut faire gaffe), la religion (sans – sinon, c’est un paquet d’emmerdes assuré, mange du poisson, pas touche au porc, tout un tas de conneries pas possibles), le sexe ( ??? what ??? faut choisir ça ? je veux dire, euh, bon, c’est cool, mais, euh… comment dire … euh… je pourrai aussi m’acheter un mec, c’est ça ? ça marche dans les deux sens, vous êtes certains ? ah … bon … c’est cool, d’accord), et tout un tas de petits machins super-customisés, genre si elle préfère Guillaume Musso ou Gustave Flaubert(*), la tarte tatin ou le tiramisu, pleins de filtres super-pointus qui nécessite des mois et des mois d’apprentissage pour les maitriser – un peu comme Photoshop, mais en plus compliqué.

Je fouine et farfouille, je lis leurs messages enflammés (je cherche le prince charmant même si t'es pas prince même si t'es pas charmant, fais-moi rire, prends-moi et surprends- moi, les coups d’une nuit c’est pas la peine, donnez-moi de l’amour de la tendresse des petits chats et des soirées près de la cheminée, moi les psychopathes et les dépressifs à leur maman j’en veux pas – tout un bel éventail d’humanité triste et hurlante) et je pioche, et je sélectionne.
Mais nous sommes souvent plusieurs sur la même – virtuellement parlant ; j’ai dénombré pas loin de 2874 top-flashs pour Lullabywantyou, presque autant pour Mafounette618, mais seulement 12 pour Ragazzalavitaebella (ce qui s’explique par le simple fait qu’elle avait mis une photo et qu’elle n’aurait pas du – d’ailleurs, moi-même, n’ai pas mis de photos, faut pas déconner, j’ai une vie, merde).
Bon, je les rajoute dans la liste des Affaires à Suivre. J’en ai quinze pour le moment – mais je mise petit bras, faut que je me rôde – et puis, c’est chiant, des fois, faut leur parler, prendre contact comme ils disent, j’aime pas ça, j’ai l’impression de faire dans le social.
Je serai averti par email et SMS si les enchères augmentent. J’ai bon espoir de chopper Chipoulalla à un prix pas dégueu.

Faut que je fasse vite, mon abonnement à tarif préférentiel à la Mythique Baie ne dure qu’un mois – après c’est plein pot. Pourvu qu’aucun looser plein de fric à la raie sur le côté me passe devant ; ça me ferait super chier de rater Chipoulalla – parait qu’elle fait des crêpes de folie.
 
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles qui étaient à acheter
C'est à Meetic-eBay Ouh! Ouh!
Des filles pour mon porte-monnaie

* le Gus-gus, c’était quand même un gros chaud – quand on voit sa Bovary, quand on lit ses brouillons, ça cartonne pas mal : folio 3 : l’habitude de baiser la rend sensuelle, ou encore folio 10 noyée de foutre, de larmes, de cheveux, de champagne, ou même folio 28 la fout à mort, elle ne l’en aime que mieux. Flaubert Rocks !
publié dans : Humood
ajouter un commentaire commentaires (9)    recommander
Jeudi 31 janvier 2008

Ailleurs – Liberté, Egalité, Balle au Centre

undefined

Le Sénat afghan a soutenu, mercredi 30 janvier, le jugement prononcé une semaine plus tôt par un tribunal de Mazar-i-Sharif, condamnant à mort un journaliste afghan, Sayed Parwez Kaambaksh, pour "blasphème".
Le jeune homme âgé de 23 ans, étudiant à l'université de Balkh et reporter au journal local Jahan-e Naw, a été arrêté en octobre pour avoir imprimé, pour ses camarades de l'université, un article paru sur Internet dans lequel l'auteur estimait qu'hommes et femmes devraient être égaux face à l'islam, et demandait pourquoi les hommes pouvaient prendre quatre épouses alors que la polyandrie est interdite. Le tribunal de Mazar-i-Sharif a jugé que l'article humiliait l'islam
.
(Source : Le Monde)


 Ici – Where is my Minority Report ?

undefined

Le Sénat a adopté, jeudi 31 janvier, dans une version proche de celle de l'Assemblée nationale, l'article du projet de loi de Rachida Dati sur la rétention de sûreté, qui permettra de placer dans des "centres socio-médico-judiciaires" fermés des criminels jugés encore dangereux à la fin de leur peine, y compris ceux condamnés avant la promulgation du texte.
(Source : Le Monde)


Et Nicolas Sarkozy est toujours président.

Monde de merde.

Raaaaaaah! Godzilla, réveille-toi! Ils sont devenus fous!

publié dans : Humood
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 19 janvier 2008
Shaun.JPGPremière nouvelle à sortir de mes ateliers en cette belle année 2008 : Papy Martin. Une courte histoire de zombi, dans un style très simple, sans fioritures. En scène : un zombi synesthète nommé Milky-Way. Elle a été envoyée au fanzine Borderline ce matin. C’est bien la première fois que je suis en avance sur un Appel à Textes.
 
Je vous mets une avant-bouche ci-dessous :
 
"Hier, il faisait très beau. Un peu comme avant-hier, mais en moins lumineux. J’étais resté cinq minutes pleines à contempler le ciel matinal avant de rentrer prendre mon poste. Le bleu du ciel était intense, très … bleu. Papy Martin m’a appris qu’on pouvait dire céruléen. Un bleu céruléen ; c’est un mot étrange je trouve, on dirait qu’il est plein de gras.
Papy Martin connait un nombre impressionnant de choses. Des mots, des idées, des histoires. Ce que je préfère ce sont les histoires : j’aime l’écouter parler de sa petite voix de basse essoufflée. Ca fait comme des étoiles qui s’allument dans ma tête.
J’ai de la chance : je suis son gardien de jour. Cela me laisse du temps pour discuter avec lui. La nuit, c’est Minute-Maid, un autre gardien, qui s’occupe de lui. On ne se parle pas beaucoup Minute-Maid et moi, et quand on se croise à la relève, c’est bonjour, bonsoir, comment va Papy Martin aujourd’hui, est-ce qu’il a bien mangé, est-ce qu’il a bien dormi, ce genre de choses. On n’est pas vraiment copains, Minute-Maid et moi.
Je prends mon poste aux environ de sept heures du matin, et toute la journée, dans une pièce en sous-sol très propre, très blanche, très carrelée, je surveille Papy Martin derrière ses barreaux, je lui prépare à manger et je discute avec lui. Ces derniers temps, il fait beaucoup la sieste, on discute moins, il se plaint de douleurs dans la poitrine, ça me fait de la peine."
 
(image : Shaun of the Dead - "tibididabididabidida - beeeeuuuuaaaah - tibididabididabidida!")

 

publié dans : Nouvelles
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Vendredi 18 janvier 2008
undefined
publié dans : Placardo Blouze
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 13 janvier 2008

Ouais, ouais.
L.106 est plein de fiel, plein de rage et d’amertume. On lui a dit plusieurs fois déjà. On lui a dit, c’est mal, c’est pas bien, faut pas dire des choses comme ça, sois plus consensuel mon garçon, moins adolescent, ne laisse pas parler tes hormones, ferme la porte à tes neurotransmetteurs à la ramasse.
Et puis arrête d’écrire de façon aussi vulgaire. Cette grossièreté est insupportable.
L.106 s’en moque.
L.106 en rigole, cet enfoiré.
Il bat le chaud, il bat le froid, il contemple les étincelles qui jaillissent du métal torturé, il regarde les étoiles scintillantes dans un ciel pollué par les néons des boites de nuit. 


Tout ça et plus encore.
Ou alors, rien.
 
L.106 a tenté l’expérience des appels à textes. Il a écumé les sites et forums internet, cherchant, la truffe en avant, humide, palpitante, des sujets qui lui permettraient de s’exprimer, de se faire connaitre, de se la péter enfin.
Il en a trouvé, il a pondu des nouvelles, il les a envoyées : une a été publiée, une autre rejetée, et pour la dernière, il n’a pas eu de réponse.
Globalement : bon score.
Le wannabe-auteur moyen serait satisfait. Pas L.106.
Ce. N’est. Pas. Suffisant.
 
Et si ça ne l’est pas, c’est qu’il y a une raison. Il y a toujours un raison. Même si elle ne fait pas plaisir à entendre.
Alors L.106 se bouche les oreilles.
Et ‘je’ réintégre sa place. ‘Je’ abandonne la distanciation, ‘je’ laisse tomber son côté spectateur, ‘je’ redevient l’acteur de sa propre histoire, de sa vie. ‘Je’ bascule.
 
Switch the light on.
 
J’ai relu ce que j’ai pu écrire cette année. J’ai relu mes textes, mes posts, mes billets bloguesques. Tout. Et la seule conclusion possible, c’est : putain, y’a encore du boulot. Et pas qu’un peu.
 
Il faudrait que je réécrive entièrement Valdemar 2.0 et La Ligue des Faiseurs de Bière. Il a certes de bonnes choses dedans, certaines dont je suis presque fier, mais elles ne sont pas moi – ou alors un moi mal dégrossi, un moi livré dans l’urgence et la facilité, au style mal travaillé.
En les écrivant, je n’ai pas cru en elles. Je ne croyais pas en mes propres histoires, j’ai fais semblant, j’ai simulé l’enthousiasme.
Bon.
Il n’est pas trop tard pour faire ce constat. C’est le bon moment pour redresser la barre, pour se dire qu’après tout, je fais mes gammes, je suis en phase d’apprentissage, que je fais des erreurs, que j’en ferai encore mais que ça finira par aller mieux, forcément. Avec le temps. Avec la motivation. Avec des efforts.
 
Il faut que j’apprenne à devenir moi. Que mes textes le reflètent. Peu à peu. Couche après couche. Il faut que j’évacue les scories – que je purifie tout cela. Que je fluidifie. Que j’expérimente. Quitte à me tromper encore et encore.
 
Ah !
Il faut, ouais. Il faut.
Et je veux.
 
Je veux raconter des histoires, de bonnes histoires, qui font sens, qui disent quelque chose. Je veux arriver à aligner plus de trois phrases cohérentes. Je veux que le verbe se fasse vie, se fasse chair, qu’il purule, suinte et cicatrise. Je veux de longs flux de pensées, des explosions de dialogues absurdes. Je veux parler de ce connard d’être humain, ce machin faible, lâche, qui sue, qui pue, qui bande et qui mouille. Je veux toucher du doigt la souffrance de l’individu, ses espoirs, toutes ces conneries. Pour cela, je ne veux pas avoir besoin de l’attirail de vaisseaux spatiaux et d’aliens à la con. On ne crèvera pas en s’uplodant dans la machine. Il n’y aura pas d’invasion E.T. Il n’y aura pas de monde meilleur après la mort, fous-le toi au cul ton paradis. On va juste rester là à attendre, à tenter vainement de guérir de nos sarcomes(zy) pour finalement s’éteindre comme des étrons dans une chambre d’hôpital froide, un goutte-à-goutte de morphine dans le bras, un cathéter planté dans la bite. Il n’y aura pas de miracles.
Non. Pas de miracles. Juste une pandémie. Ou une guerre de l’eau.
Je veux de la faiblesse et de la force à la fois. De la violence et de la tendresse. De la douleur et du réconfort. Je veux des fautes de gout, des fautes de style, de syntaxe, des niveaux de langages qui s’enculent en sarabande. De la haine inconsidérée et de la compréhension. Des caresses et des claques en pleine gueule.
De la vie, la putain de ta mère. Juste de la vie.
 
Je me planterai. Je repasserai par des chemins déjà explorés mille fois. Oui. Je ferai tout ça. Je recevrai quelques encouragements, c’est probable.
J’essuierai des insultes, j’affronterai le mépris, c’est certain.
Mais bordel, au moins, j’aurais fait quelque chose.
publié dans : Humood
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Jeudi 10 janvier 2008

L.106 décida alors de se bourrer d’une foultitude de pilules whoah ! des petits machins bleus, des verts, des oranges, certains allongés, d’autres plats, bombés ou rainurés, en losange, en rond, en ellipse, illustrés de glyphes obscurs, parfois de lettres en arial 12 ou times new roman 10. Il se mit à prononcer les noms des principes actifs avec gourmandise chaque fois qu’il gobait ses cachets. 
Carbamazépine. Oxcarbamazépine. Valpromide. Divloproex. Lamotrigine. Topiramate. Gabapentine.
Ils donnaient parfois la chiasse, mais putain les noms étaient vraiment trop cools.

Une fois guéri
(mais le fut-il vraiment ? ummmpfff …)
il décida qu’il allait tout mettre en œuvre pour être sérieusement pris au sérieux. Sans déconner.
Il allait simultanément :
1)     fréquenter le monde de la SF
2)     et répondre aux appels à textes dudit monde.

Pour fréquenter le monde de la SF, il se dit que le plus simple était d’aller faire un tour sur les forums consacrés, de dire bonjour les gens, comment va, de lâcher des supers commentaires Dick is the king, Egan rules, et Van Vogt sucks, de se faire une bande de potes virtuels et de préparer sa pub tranquillement.
Bon.
Le problème, c’est que L.106 est un gros con – on l’a déjà dit – et qu’il ne sait pas très bien se comporter en société, il fume, il rote, il se met les doigts dans le nez et il se gratte les couilles.
Sauf que sur les forums de SF, les autres sont pareils – ils ne savent pas non plus se comporter en société. Ce sont des geeks. Des nerdzs. Des dorks, des forks, des proks, chtoks, morks. Comme lui.
L.106 ne pouvait donc pas se sentir différent.
Ca lui a fait super mal au cul.


Il a aussi tenté les conventions de SF. Une : les Utopiales de Nantes. C’est vrai, c’était en 2006, on ne devrait pas en parler ici, ça aurait dû faire l’objet du bilan 2006, mais on s’en fout, y’a pas de bilan 2006 et faut rattraper le temps perdu. A l’époque – en novembre 2006 donc – L.106 habitait Nantes, et se dit, tiens, c’est super, y’a les Utopiales, ça se passe à 100 mètres de chez ouam, on va aller voir, on va rigoler, on va se faire dédicacer des bouquins, ça va déchirer. L.106 a donc craché ses 6 euros de droit d’entrée et n’aurait guère pu se faire chier plus.
(Avec un peu de recul, il se dit qu’il aurait mieux fait d’aller voir un film de Lynch)
(Avec un peu plus de recul, il se dit qu’en fait non)
Il a assisté à une seule conférence. Kim Stanley Robinson, Brian Aldiss et Roland C. Wagner papotaient sur la terraformation de Mars. Ca aurait pu être juste énorme, sauf qu’il assista à un sabotage conjoint de la part de l’animateur (qui rabattait systématiquement le débat au sol dès que celui-ci tentait un envol scientifico-philosophique) et par RCW (qui, lui, n’était là que pour vanter les mérites de son dernier opus L.G.M). Bon. On pardonne à Roland : il est marrant. Ou alors, il fait bien semblant. 
Bref.
L.106 est alors monté à l’étage. Là, il y avait la librairie et les dédicaces. Dans la poche de son manteau, se trouvaient les n° 2000 et 2001 du Fleuve Noir. Il aurait pu les faire dédicacer : les auteurs étaient là, à deux mètres, disponibles, souriants, l’air gentil et sympa. Seulement, L.106 est un gros timide (oui, on sait, c’est aussi un gros con) et il n’a jamais su entamer une conversation, ni avec les filles, ni avec les bébés, ni avec les chiens, ni - non plus - avec les auteurs de SF. Il aurait dit quoi, hein ? Qu’est-ce qu’il aurait dit ?
Euh, ouais, salut Serge, salut Roland, on se connait pas, mais moi je vous connais, enfin, bon, je veux dire, j’ai lu deux trois trucs de vous, c’était sympa, bon, ouais, c’est pas non plus des chefs d’œuvres, je veux dire, c’est vrai c’est pas comme si c’était du Dan Brown ou du Marc Lévy, hein, évidemment, mais bon comme j’ai les bouquins dans la poche je me suis dit que ce serait sympa si vous me les signiez quoi, des supers bouquins, achetés d’occase heureusement. Euh, sinon, ça gaze, la vie, la famille, tout ça ?
Bref, ça a gonflé L.106, il n’a pas demandé les dédicaces et il s’est cassé. Il est rentré chez lui, et il a joué à Resident Evil 4. Après avoir explosé une bonne quatre-vingt dizaines de zombis à coup de shotgun en pleine face, il a éteint la PS2 puis a lancé un film de boules sur son lecteur DVD. Dans son cerveau malade, les courbes de Brianna Banks et Sylvia Saint se mêlaient aux râles d’agonie des malfaisantes créatures numériques préalablement exterminées. Son zizi devint tout dur.
 
On comprend désormais beaucoup mieux pourquoi L.106 a besoin de médicaments.
 
(Suite et fin dans Labocriture – Bilan 2007 (3))
publié dans : Humood
<